Cinquième réunion en interview croisée – Programmation

Dans le cadre de la programmation, une cinquième rencontre a eu lieu le 20 novembre entre le groupe de Hasselt et le groupe politique.

Les huit groupes que nous avons entendu jusqu’ici dans le cadre de la programmation ont tous regretté de n’avoir pas pu être successivement intervieweur et interviewé ou vice versa, “parce qu’on peut tous apprendre les uns des autres.” C’est pour cette raison que nous avons organisé la cinquième rencontre sous forme d’interviews croisés. Cette fois encore en ligne.

Le groupe politique interview le groupe de Hasselt

Le partenariat entre le groupe local d’Hasselt et Dalkozenwerking De Trawanten

Par rapport aux autres groupes locaux, le groupe de Hasselt est particulier puisqu’il résulte du rapprochement entre le groupe local d’alliés ATD Quart Monde et Daklozenwerking De Trawanten :

“ATD et De Trawanten sont sur la même longueur d’onde. Nous sommes très contents de prendre des initiatives en commun. Ensemble, on est plus fort.”

C’est déjà une réponse à la première question traditionnellement posée lors de chaque interview :

Quelles sont les actions durant lesquelles vous sentez que quelque chose se crée, dont vous vous sentez fiers ? “

Une approche de la pauvreté sous plusieurs angles

L’engagement auprès de personnes sans abri qui caractérise De Trawanten reste central mais suite au rapprochement avec les alliés ATD Quart Monde, l’approche de la pauvreté adoptée par le groupe s’est élargie. C’est ainsi par exemple qu’en 2018, De Trawanten et ATD Quart Monde ont demandé à des personnes sans abri à Hasselt comment elles survivent. Avec ces témoignages, ils ont réalisé un petit film qui a été projeté à l’occasion de la journée mondiale du refus de la misère, le 17 octobre 2019. Le groupe est content du résultat car il montre clairement l’inadéquation  entre l’offre de logement social et privé et les besoins sur le terrain. Mais ce travail a pris tellement d’énergie qu’il n’en avait plus pour la diffusion et l’interpellation. Le groupe le déplore sans cependant se décourager: “C’est dommage mais il n’est pas trop tard !”

 

Un partenariat actif qui agit de différentes manières

Le groupe a parlé de plusieurs avancées qu’il a obtenues, parmi celles-ci et à titre d’exemple, la mise sur l’agenda politique de la ville de la problématique des sans abri et la création d’un accueil pour les personnes sans abri durant l’hiver, inexistant jusque-là alors qu’il y a chaque année des personnes qui meurent dans la rue à Hasselt. Le groupe a parlé d’autres activités encore : en particulier les commémorations organisées pour honorer la mémoire des ‘morts de la rue’ avec qui ils sont en lien personnellement.

L’initiative intitulée  ‘De Papiermolen’ est aussi présentée comme action particulièrement pertinente : une aide administrative et juridique est proposée pour remplir des formulaires officiels, rédiger des lettres … Cette permanence avait lieu précédemment dans le ‘Café Anoniem’, un lieu convivial d’accueil de personnes qui vivent dans une situation de pauvreté, dont beaucoup qui vivent dans la rue. La ville gère maintenant ce lieu, avec quelques partenaires et ‘De Papiermolen’ n’y a plus sa place. Les membres du groupe tentent d’obtenir l’autorisation d’y retourner car le ‘Café Anoniem’ est un lieu ‘très bas seuil’, approprié pour entrer en contact avec des personnes très pauvres.

Le groupe se renforce en s’ouvrant aux autres

Augmenter la force de frappe du groupe en s’associant avec d’autres ressort comme un élément central de la stratégie du groupe.  C’est ainsi que parmi les actions qui font sa fierté figure en bonne place le progrès réalisé cette année dans l’organisation de la journée mondiale du refus de la misère, le 17 octobre. Les années précédentes, différentes organisations animaient un événement dans différents endroits de la ville. Cette année, 25 associations engagées dans la lutte contre la pauvreté ont décidé de s’unir, elles ont mené une action commune qui leur a permis de faire mieux entendre leur message auprès des autorités communales. De Trawanten et ATD y étaient associés ainsi que le Armoedevakbond du Limbourg. Cette organisation, qui veut agir comme groupe de pression et contribuer à faire entendre la voix des personnes pauvres qui ne disposent d’aucun moyen de pression, était présente lors de l’interview. “Agir ensemble, c’est l’avenir”, souligne le groupe de Hasselt.

Voici des banderoles créées pour le 17 octobre 2020

Photos provenant de la page Facebook De Trawanten

Le groupe de Hasselt interview le groupe politique

Quelle rôle joue le groupe politique au sein du Mouvement ?

Le groupe politique nous explique que “pour introduire la voix des plus pauvres dans les débats politiques, trois directions sont empruntées par le Mouvement:

  1. la participation aux concertations organisées par le Service de lutte contre la pauvreté,
  2. les partenariats avec d’autres associations dans lesquelles des personnes pauvres se rassemblent et
  3. le travail du groupe politique.”

Le groupe politique réagit aux changements de la société

Le groupe politique évoque différents types d’actions menées :  la rédaction et la transmission de textes aux partis politiques à l’occasion d’élections ; des prises de position sur des projets ou propositions de loi ; la publication d’articles dans la presse ; des recours en annulation à la Cour constitutionnelle, en collaboration avec le groupe juridique du Mouvement et très souvent introduits ensemble avec d’autres associations. C’est ainsi par exemple que le Mouvement a à son actif l’annulation du paiement d’un ticket modérateur pour la désignation d’un avocat ‘pro deo’, l’annulation d’une disposition défavorable aux familles dont les enfants sont placés auprès d’accueillants familiaux.

Manifestation à Bruxelles en 2018

Le groupe a le soucis d’entendre les revendications en interne

En réponse à la question de savoir comment les thématiques traitées par le groupe politique sont choisies, nous comprenons que deux sources influencent la décision : d’une part une source externe, par exemple l’actualité des travaux parlementaires et d’autre part une source interne, les signaux reçus du terrain, notamment via l’Université populaire.

Renforcer le lien entre ce que les militants vivent et les revendications politiques est considéré comme essentiel : “Aller vers les autres groupes, les entendre, cela se passe trop peu” constate le groupe politique. C’est pourtant indispensable pour connaître les thèmes que ceux-ci considèrent comme prioritaires. Nous venons d’entendre qu’à Hasselt, ce sont le logement et les expulsions locatives par exemple. Le groupe politique fait remarquer que certains thèmes mobilisent déjà un grand nombre d’associations, comme le logement alors que le droit de vivre en famille par exemple semble souvent oubliée. De nombreux critères peuvent entrer en ligne de compte pour le choix des priorités du groupe politique. Le renforcement du lien entre terrain et groupe politique passe aussi par une meilleure communication des succès obtenus !

Brendan, Marc, André et André

Mais il reste attentif aux accords du Gouvernement fédéral en matière de pauvreté

Le groupe politique nous explique que la lecture de l’accord du Gouvernement fédéral, avec les lunettes ‘grande pauvreté – droits humains’ figure à l’ordre du jour de sa prochaine réunion mensuelle. Cet accord est en effet une source externe essentielle pour programmer les priorités de l’action politique du Mouvement.

Ainsi qu’aux actions qui se déroulent au niveau national

L’actualité présente des spécificités dans les différentes régions. Ainsi par exemple ‘Territoire zéro chômeur de longue durée’, un projet initié par ATD Quart Monde en France suscite de l’intérêt à Bruxelles et en Wallonie mais n’est pas connu en Flandre. Le Mouvement en Belgique a estimé qu’il s’agit d’un projet important et une volontaire l’a présenté au Netwerk tegen Armoede (Flandre). Il serait intéressant de monter un dossier là-dessus, estime le groupe politique.

Les actions politiques se déroulent au delà de ce groupe

Celui-ci précise aussi que tous les contacts politiques ne passent pas par le groupe politique. Lors d’une “Volksuniversiteit”, les participants ont par exemple dénoncé le fait que la fermeture des banques liée à la crise sanitaire met les personnes qui n’ont pas accès au paiement électronique dans de grandes difficultés. Ils ont envoyé une lettre au ministre des finances pour l’alerter.

Comment s’améliorer ?

Des membres du groupe politique ont exprimé eux-mêmes des questions.  Le mode de fonctionnement est-il optimal ? Le groupe se réunit une fois par mois, les membres font tous déjà des tas d’autres choses, ce n’est pas satisfaisant. Serait-ce une idée d’affecter une personne à la préparation du travail ? Que  veut-on atteindre par l’action politique ?