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- Édito : Moins de précarité pour plus de démocratie
- La couleur d’un engagement : Rencontre avec Elena Flores, alliée de longue date d’ATD Quart Monde et, depuis l’année passée, responsable avec Bert Luyts de l’animation nationale du Mouvement.
- L’administration de biens : une protection en trompe-l’oeil ? Depuis longtemps, des militants du Mouvement font part du malaise des personnes sous administration de biens. Déjà lors d’une Université populaire (UP) en 2015, la question de la mise sous administration provi-soire avait été abordée en présence de Me Damien Dupuis, avocat réguliérement désigné comme administrateur de biens.
- Échos de l’Université populaire : UP du 21 février à Louvain-La-Neuve
Le thème de l’Université populaire du 21 février 2026 à Louvain-la-Neuve était la solitude. - Bruxelles en état de récidive !
Je suis sidéré et attristé : après avoir été retoquée par le Conseil d’État en novembre 2025, la Ville de Bruxelles récidive, et par un nouveau règlement du 20 avril 2026, elle entend une fois de plus éliminer de son territoire les familles Roms qui mendient avec des enfants. Quelle triste image d’intolérance nous donne la capitale de l’Europe ! - Focus sur nos actions d’été Pendant les grandes vacances, beaucoup pensent à une période de repos… mais pour notre Mouvement, l’engagement continue ! Tout au long de l’été, nous poursuivons l’organisation de nos actions, dont certaines ont lieu exclusivement durant cette période. Nous vous invitons à découvrir ces initiatives et leur impact sur le terrain. Sans votre soutien, elles ne pourraient voir le jour. N’hésitez pas à faire un don pour soutenir nos actions et faire vivre cette solidarité tout au long de l’été.
- Les perspectives d’été d’ATD Quart Monde JeunesseNotre ASBL Jeunesse a elle aussi un agenda chargé pour l’été. Voici quelques-unes des activités prévues ou qui viennent d’être organisées.
- World News : Cette rubrique illustre l’aspect international de notre Mouvement en donnant des nouvelles des actions d’ATD Quart Monde à travers le monde.
- Les maraudes, une présence humain face à l’exclusionEn Belgique, le sans-abrisme est en constante augmentation depuis plusieurs années. Les données issues des observatoires régionaux montrent en effet que ce fléau ne cesse de progresser dans le Royaume. À Bruxelles par exemple, les derniers dénombrements ont recensé près de 9 777 personnes sans chez-soi en 2024, soit une hausse d’environ 25 % par rapport à 2022.2 Derrière ce constat alarmant se cache une réalité souvent moins visible mais tout aussi centrale : la solitude.
ÉDITO – Moins de précarité pour plus de démocratie
« Être citoyen, c’est avoir une carte d’identité, un chez soi, c’est vivre en société », disait un militant dont l’expérience de la précarité fait de lui un expert en droits humains. Il nous invitait à relever trois défis qui font d’une personne un membre à part entière de la société.
Avoir une carte d’identité, c’est se voir reconnaître une existence légale. Sans carte d’identité, aucun droit. Ayant lui-même galéré à la rue, il visait tous ceux qui ne sont inscrits nulle part, par exemple en Belgique, ceux qui ne parviennent pas à obtenir une adresse de référence. Ou encore, les citoyens fantômes aux Pays-Bas qui ne répondent pas aux critères préétablis d’enregistrement, ou dans d’au-tres parties du monde, ces familles marginalisées sans possibilité d’être inscrites à l’état civil parce que leur logement n’est pas reconnu. Tous ceux-là deviennent eux-mêmes des clandestins dans leur propre pays.
Dans nos sociétés, une existence légale reste une coquille vide si la personne n’a pas accès à un chez soi qui la protège tant des intempéries que du regard des autres. En d’autres termes, qui lui assure le droit à une vie privée et à une intim-ité. À voir le nombre croissant des sans-abri, ces zones de non-droit s’étendent. Rien qu’à Bruxelles, 10 000 personnes se trouvent sans logement alors qu’il n’y a que 3 600 places disponibles dans les centres d’accueil. Et une place dans un centre d’accueil ne signifie pas encore avoir un chez soi.
Pour illustrer le troisième défi à relever, notre expert en droits humains précisait : « il y a des gens qui se croient mieux que nous, qui se moquent de nous, ils nous considèrent comme des pestiférés ». Comment permettre à des personnes con-sidérées comme des pestiférés de vivre en société et d’assumer leurs respons-abilités de citoyen ? Il se référait implicitement à la Déclaration universelle des droits de l’homme : « tous les êtres humains sont doués de raison et de con-science et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».
On doute de la raison et de la conscience d’une personne lorsqu’on la regarde comme un cas social isolé parce qu’elle ne répond pas à la logique des domi-nants. Par exemple, quand on la met sous tutelle parce qu’elle a un budget im-possible à gérer, ou de façon plus générale, en décidant à sa place ce qui serait bien pour elle. En outre, pour être remis dans le droit chemin, le pestiféré se voit criminalisé par certaines communes qui sanctionnent celui qui mendie pour sur-vivre. Banni de la société, condamné à se replier sur lui-même, il ne peut se relier aux autres membres de celle-ci. Le vivre ensemble et le faire ensemble s’effritent.
Pour casser cet enfermement et permettre à la personne la plus en marge d’ex-primer un avis qui compte et ainsi de contribuer à notre avenir à tous, notre ex-pert indique une piste : « pour avoir un avis, il faut sortir de la précarité ».
Dit autrement, une démocratie qui tolère que ses membres relégués dans l’om-bre restent de côté, se trahit d’elle-même et s’appauvrit. En luttant contre la pré-carité, nous luttons pour la démocratie.
Georges de Kerchove