Numéro 101 (juin – août 2017)

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  • Édito : « Se déclarer solidaire des « bons » pauvres ou de tous les pauvres ? »
  • 1001 Histoires –  » Un peu de sucre  » : Découvrez un extrait du projet « 1001 Histoires » de la campagne STOP Pauvreté. Ces histoires de tous pays montrent que la misère n’est pas une fatalité.
  • Agenda de la campagne STOP Pauvreté : Les événements de la campagne STOP Pauvreté continueront tout au long de l’été. En savoir plus sur eux et les événements prévus pour commémorer la 30eme Journée mondiale du refus de la misère.
  • De Manille à Grimbergen : Le parcours de deux volontaires belges : Guy et Vanessa, deux volontaires permanents belges d’ATD Quart Monde, racontent l’histoire de leur engagement dans la lutte contre la grande pauvreté.
  • Des demandeurs d’asile à la découverte du Quart Monde européen : Reportage sur un groupe de demandeurs d’asile du centre Croix-Rouge « le Relais du Monde », à Natoye, qui depuis 2010 participe aux Universités populaires Quart Monde.
  • Le défi d’ATD Quart Monde France contre le chômage : Interview de Didier Goubert, directeur de « Travailler et Apprendre Ensemble » (entreprise solidaire d’ATD Quart Monde) sur le projet « Territoires zéro chômeur de longue durée ».

Édito : « Se déclarer solidaire des « bons » pauvres ou de tous les pauvres ? »

Notre société se veut compétitive. Au nom de la performance, elle
dresse des clôtures faites de règlements, de contrôles et de sanctions
à l’encontre de ceux qui freineraient son progrès.

Pour certains, il y a les étrangers considérés comme intégrés et qui
travaillent, mais il y a ceux qui bénéfi cient indûment du système
de sécurité sociale, par exemple les familles réfugiées politiques qui
depuis le mois de novembre sont privées du crédit d’impôt pour enfant
à charge.

Pour certains, il y a les mendiants réellement inaptes au travail, mais
il y a ceux qui ont déjà une aide, qui dérangent, et qui se montrent
agressifs. Certaines villes commencent à saisir ce qu’ils collectent.

Pour certains, il y a les sans-abri que le malheur a poussés dans
la rue, mais il y a ceux qui s’y complaisent. Des CPAS rechignent à
leur accorder une adresse de référence. Plus est, il y a quelques semaines,
une proposition de loi a été déposée au Parlement fédéral,
tendant à pénaliser les squatteurs. Ainsi, d’un côté, on veut criminaliser
les sans-abri qui squattent un immeuble inoccupé, et par
ailleurs, on refuse d’appliquer la loi permettant la réquisition d’immeubles
inoccupés.

Pour certains, il y a les vrais demandeurs d’emploi qui recherchent
activement un boulot, mais il y a des fainéants qui vivent dit-on au
crochet des autres. On les traque pour leur supprimer l’indemnité
de chômage.

Pour certains, il y a les citoyens qui font valoir leurs droits et qui ont
de quoi payer les frais, mais il y a des individus nécessiteux qui sont
soupçonnés d’abuser d’un accès trop facile à la justice. Depuis l’été
dernier, on leur fait payer « un ticket modérateur » pour une consultation
d’avocat ou une procédure.

Pour certains, il y a les allocataires sociaux malencontreusement
dans le besoin, mais il y a les tricheurs potentiels qui utilisent des
adresses fi ctives. Depuis quelques mois, en vérifi ant méthodiquement
les consommations d’énergie, on les contrôle de plus en plus
au détriment du respect de leur vie privée.

Avec le mouvement ATD Quart Monde, nous faisons un choix : donner
priorité à ces personnes rejetées derrière la ligne rouge qui, aux
yeux de la société, démarque ceux qui mériteraient l’entraide et
ceux qui ne la mériteraient pas. Tout simplement parce que ces personnes
sont et seront toujours des hommes et des citoyens, quels
que soient leur mérite aux yeux des autres.

À quoi sert un train qui abandonne ses wagons ? Une société n’est
durablement performante que si elle permet à tous de progresser,
et ne laisse personne sur le quai.

Georges de Kerchove

Partenaire n° 101