Housing action day 2024 à Liège – prise de parole du groupe local

Cette année, nous avons participé aux Housing action days à plusieurs endroits.  Nous croyons fermement qu’un logement digne pour tous et toutes est une revendication indispensable et urgente. Ce samedi 6 avril, nous étions à la mobilisation de Liège. Notre groupe local a écrit un témoignage qui a été lu publiquement par l’un de nos militants. Retrouvez ce témoignage ci-dessous !

“Nous subissons des discriminations.

Beaucoup de propriétaires refusent les personnes qui n’ont pas un CDI, même celles qui ont un administrateur de biens, ce qui garantit qu’elles vont payer leurs loyers.

Légalement, ils ne peuvent pas discriminer comme ça, mais la loi n’est pas respectée. Même si on ne le dit pas directement, ils trouvent toujours une excuse pour ne pas te prendre. Certains n’ont même pas peur de la loi, ils mettent sur les annonces : « PAS DE CPAS », « PAS DE CHÔMEURS », « PAS DE FUMEURS ».

Quand on dit qu’on peut se plaindre chez UNIA, il faut être en collectif. Une personne seule ne peut pas le faire. La loi est mal faite.

Comme les loyers ne sont pas encadrés par la loi, ils sont très chers. Mais à nous, on dit qu’un loyer doit être entre un quart et un tiers de ton salaire. Ça fait 400 € si on est au CPAS, bonne merde pour trouver ça à Liège !

On peut louer avec quelqu’un d’autre pour que ce soit moins cher, mais si on est au chômage, au RIS, à la mutuelle, on est perdant. On nous dit que la loi exige qu’on passe au statut cohabitant. On perd plus de revenu qu’on en gagne en louant ensemble !

On peut faire le choix de ne pas déclarer l’autre personne, mais la loi nous tombe alors dessus ! On n’est pas comme les propriétaires, on doit respecter la loi ou l’on est puni.

Quand on parle des expulsions, les gens pensent que c’est à cause d’un loyer impayé. Mais très souvent, on subit des expulsions à cause de l’insalubrité. C’est parce que les propriétaires ne font pas les rénovations nécessaires, et donc les logements qu’on loue sont jugés comme insalubres. On sait qu’on ne devrait pas accepter de louer des taudis qui ne sont pas aux normes, mais parfois, on n’a pas le choix.

On se sent impuissant devant les marchands de sommeil. C’est difficile d’aller au tribunal. Souvent, devant le juge de paix, c’est le propriétaire qui est écouté. C’est lui qui a l’argent, le bien. Nous, on se retrouve à la rue.

Et ça, c’est sans parler des expulsions sauvages, rarement punies !

Certaines femmes se retrouvent à risquer du harcèlement du propriétaire… elles sont dans une position de faiblesse par rapport à leurs propriétaires. Elles reçoivent des propositions déplacées ou pire. Encore une fois, la loi ne protège pas les locataires vulnérables ! Tu peux aller vers la police, mais souvent ils ne prennent pas la plainte au sérieux.

Nous avons vraiment le sentiment que les locataires et les propriétaires ne sont pas sur le même piédestal face à la loi.

Même dans le logement social, on peut se retrouver dans une position inégale. Nous connaissons des personnes qui ont été expulsées d’un logement social en plein hiver. Ce n’est pas légal, mais on ne respecte pas la loi !

En parlant de respecter la loi, les bâtiments vides nous posent beaucoup de questions. Nous savons que légalement les communes peuvent mettre la loi en œuvre pour acheter ces bâtiments, pour mettre la main sur les maisons abandonnées. Mais les communes ne prennent pas leur responsabilité.

En plus nous nous demandons si l’obligation de reloger les sinistrés des inondations n’a pas été oubliée. Nous connaissons des personnes sinistrées qui cherchent toujours un logement !

Nous demandons que les autorités ouvrent leurs yeux par rapport à ces inégalités devant la loi. La justice doit être à l’écoute de chaque personne, qu’elle soit propriétaire ou locataire. Quel que soit notre statut, la justice doit être avec nous !”

Pour plus de détails sur les Housing action days, rendez-vous sur le site

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