Les familles pauvres sinistrées par les inondations demandent une solidarité durable.

En 2015, sous le titre 10 ans après Katrina : la tempête continue , une newsletter du Mouvement international ATD Quart Monde mentionnait :

« Le 29 août 2005, l’ouragan Katrina dévastait la Côte Sud des Etats-Unis et La Nouvelle-Orléans, faisant près de 2000 morts et plusieurs dizaines de milliers de familles sans abri. Dix ans après, des milliers de familles n’ont pu retrouver des conditions de vie correctes et se sentent encore plus mises à l’écart (….) Dans les mois suivants la dévastation de la côte du Golfe en 2005 par l’ouragan Katrina, des membres d’ATD Quart Monde ont parcouru le sud des États-Unis afin de renouer avec les familles déplacées dans 7 États du Sud des États-Unis et rétablir un réseau de soutien.»

En Belgique : nous partageons une ambition et une inquiétude

Le Nord de l’Europe et particulièrement notre pays ont été ravagés la semaine dernière par des inondations catastrophiques. Des membres de nos équipes locales présentes depuis des décennies à Liège et à Verviers, connaissent des personnes elles-mêmes impactées. Ils nous font part des défis qui se posent : comment éviter que les familles sinistrées les plus fragiles ne soient laissées pour compte ? Comment mettre en place une solidarité durable ?

Nous avons l’ambition de nouer ou de garder des liens avec les familles les plus esseulées. Ne risquent-elles pas d’être les oubliés de la catastrophe comme le furent ces familles de la Nouvelle-Orléans ? Comme le furent les personnes sans-abri lorsqu’au plus fort du confinement, les autorités belges recommandaient à chacun de rester chez soi ?

Dans l’immédiat, nous demandons à nos membres qui connaissent des familles sinistrées de les contacter , passer les voir ou d’envoyer un message de soutien. Il est important pour elles de savoir qu’elles comptent pour nous.

Nous partageons une inquiétude : les personnes sinistrées qui étaient déjà en grandes difficultés avant les inondations, risquent de le devenir encore plus, surtout si elles ne disposent d’aucune réserve ou assurance. Pour celles dont les revenus sont trop bas pour pouvoir rembourser une éventuelle avance, nous demandons de prévoir une aide d’urgence non remboursable,  sans quoi elles se trouveraient dans l’impossibilité de parer même au plus urgent.  Il faudrait également veiller à ce que le Fonds des Calamités puisse intervenir pour indemniser toutes les personnes sinistrées non assurées qui ne disposent que de faibles revenus, quelle que soit l’origine de ces revenus.  Une prise de position claire des autorités redonnerait un peu de sécurité à celles et ceux qui survivent actuellement dans l’insécurité la plus totale.

S’inscrire dans la durée

L’élan de solidarité est en soi extraordinaire, il est indispensable. Les exemples d’entraide abondent tant au niveau des voisins qu’au niveau plus large. Mais si cet élan ne s’inscrit pas dans la durée, les victimes les plus pauvres risquent de devenir invisibles et oubliés, et leur situation de s’empirer. Les familles acculées à survivre toute leur existence dans la tempête, demandent un engagement dans la durée, qui seul permet de rétablir des ponts et des liens de confiance.

Le Mouvement a l’ambition de répondre à cette demande, plus que jamais après ces inondations catastrophiques. Rejoignez-nous, soutenez-nous pour nous donner les moyens de cette présence dans la durée dont les personnes et familles en situation de grande pauvreté ont absolument besoin.

Guy Malfait
Coordinateur de l’équipe nationale
Mouvement ATD Quart Monde Belgique