Couleur d’une action : l’équipe communication militante

L’équipe communication est une équipe récente, qui s’est formée après le premier confinement, et est composée de cinq personnes qui sont alliées, salariées ou militantes. Ce sont Monique, Claudine, Nicolas, Céline et Coraline. L’équipe s’est réunie de nombreuse fois afin de se mettre d’accord sur des slogans de banderole, des messages à communiquer sur les réseaux sociaux, des axes d’amélioration de communication et surtout la manière d’atteindre les personnes les plus isolées. Pour mieux comprendre son histoire et son fonctionnement, chaque membre de l’équipe raconte son introduction dans l’équipe et au sein d’ATD Quart Monde.

Nicolas : « Je suis à ATD Quart Monde depuis un peu plus deux ans. Au départ, j’étais seul à communiquer. Coraline est ensuite venue renforcer l’équipe. On s’est rendu compte à plusieurs endroits qu’on manquait d’un savoir de terrain concernant le vécu de la misère. Avec un groupe de coordination interne on s’est demandé comment mieux communiquer vers l’extérieur, comment communiquer auprès des personnes les plus isolées, et qui ont le moins accès à la communication. C’est ainsi qu’est né ce groupe composé de travailleurs en communication mais aussi de personnes qui ont cette expérience de terrain de la pauvreté. Ça nous permet d’être dans le ton et de répondre aux attentes des familles. Ce groupe est essentiel pour la communication et je ne le vois pas s’arrêter après la crise. »

Monique : « Initialement, la tâche essentielle de communiquer était réalisée par Nicolas à mi-temps, puis avec Coraline en tant que stagiaire. Pour bien communiquer, il est apparu essentiel d’avoir quelqu’un qui est au contact des familles, qui connaisse leurs réalités. C’est ainsi que j’ai rejoint l’action. A la fin du confinement, on s’est aperçu que ce groupe mixte avait du sens même en dehors du confinement. On avait besoin de militants eux-mêmes pour pouvoir donner leur avis et compléter notre travail. On a pensé à Céline car elle adore communiquer et elle était en fin de mission donc elle avait du temps. On a aussi proposé à Claudine de se joindre à l’équipe car elle a tout le temps le soucis de ceux qui ont le plus dur et qui ont peu accès à des moyens de communication. Il fallait aussi que les membres de l’équipe aient le matériel et les capacités pour travailler à distance. »

Céline : « Quand on m’a parlé pour la première fois d’ATD, j’étais intriguée. On m’a ensuite présenté Monique et son mari Marc. J’ai ensuite assisté à une réunion du Mouvement à Beauraing. Ca m’a plus et ça fait maintenant 6 ans que je fais partie d’ATD Quart Monde. Je travaille dans le groupe communication et je m’y sens bien parce que j’ai le sentiment d’être utile, de faire quelque chose qui a du sens. Je me bats pour une raison valable. Communiquer, c’est important car il faut que les autres sachent pourquoi on lutte. Que tout ces gens dans la misère s’en sortent un petit peu, que ça bouge. »

Claudine : « Je suis engagée depuis 40 ans dans le mouvement. Mon histoire commence avec une alliée qui est devenue une amie et qui m’a emmené en Jeunesse Quart Monde à Bruxelles. La première réunion je n’ai pas beaucoup parlé, j’écoutais. Puis, quelques semaines après, je lui ai dit que j’avais envie de continuer le groupe, composé de jeunes comme moi qui ne savaient pas lire ni écrire. Et depuis, j’ai avancé. J’ai pu connaître avec chance le père Joseph. Quand j’ai vu qu’il y avait d’autres personnes dans la grande pauvreté, ça m’a donné envie de me battre. J’ai fondé le groupe local de Tournai. Je suis maintenant dans le groupe de communication. Je vérifie que le résultat de notre travail soit compréhensible par tous. La communication c’est important pour les gens extérieurs à ATD Quart Monde et envers les politiciens. Parce que si on en parle qu’entre nous, le Mouvement ne va pas s’agrandir. Je parle souvent d’ATD Quart Monde autour de moi. La manière de parler et les mots choisis ont toujours une importance. »

Coraline : « Je suis arrivée à ATD Quart Monde il y a moins d’un an pour un stage de fin d’étude et je devais faire de l’événementiel et de la communication. Avec la pandémie, il n’y a eu aucun événement et je me suis focalisée sur la communication avec Nicolas. Il était parfois difficile de choisir quel axe de communication prendre, quels mots choisir, ou quels thèmes prioriser. Il était clair qu’on avait besoin de l’expérience et le vécu de militant et militante pour nous aider à être plus juste dans notre communication. C’est comme ça qu’on a proposé à Monique de nous rejoindre pour le demander ensuite à Céline et Claudine. On passe beaucoup de réunions à distance. La mixité de ce groupe donne le sentiment de travailler de manière complète, et de prendre un maximum de paramètres et de points de vue en compte. Par exemple, celui des personnes qui ne savent pas bien lire ou écrire. C’est important pour nous. »