Co-formation « De la méfiance à la complémentarité » – Centre Culturel de Dison

Le 13 et 14 janvier & 4 et 20 février 2020 a eu lieu une édition de co-formation entre des professionnels concernés par l’Aide à la Jeunesse et la Protection de la jeunesse et des personnes en situation de pauvreté. Organisée par le Conseil de Prévention de Verviers ainsi qu’ATD Quart Monde, cette action s’est basée sur la méthodologie du croisement des savoirs.

Croisement des savoirs

Croiser les savoirs, c’est partager ce que chacun sait pour construire ensemble des solutions efficaces afin d’éradiquer la pauvreté. Le mouvement ATD Quart Monde élabore et anime régulièrement des programmes au sein desquels des personnes ayant vécu l’expérience de la grande pauvreté, des professionnels qui travaillent avec ces personnes, et des universitaires échangent et réfléchissent ensemble. Chaque apport est complémentaire et permet de construire ensemble des propositions et des actions durables.

Qu’est-ce qu’une co-formation ?

Les militants et les professionnels se sont réunis pour échanger dans un cadre favorisant la compréhension mutuelle. L’objectif ? Mieux comprendre la famille qui se trouve dans une situation de grande pauvreté, mais aussi les professionnels des services d’aides à la jeunesse.

Ce dispositif permet de travailler plus efficacement ensemble grâce à un cadre d’écoute et de compréhension guidé par des « co-animateurs », qui sont là pour veiller que chacun puisse s’exprimer de manière équitable.

Les participants

Des professionnels des services d’aides à la jeunesse

Des employés de deux différents types de services d’aides étaient présents :
– ceux mandatés par un service public comme le Service d’Aide à la Jeunesse (SAJ) et le Service de la Protection à la Jeunesse.
– ceux non mandatés par un service public comme le service d’Aide aux jeunes en Milieu Ouvert (AMO).

Des militants d’ATD Quart Monde Belgique

Des militants sont des personnes qui ayant l’expérience de la grande pauvreté, s’investissent pour lutter contre la pauvreté. Afin de ne pas avoir de passif avec les professionnels des services d’aides de la région de Verviers, des militants d’ATD Quart Monde d’autres communes étaient présents (Charleroi, Bruxelles et Mons).

Déroulement des sessions

Les trois premiers jours, tout au long des journées, les participants ont pu échanger lors des différentes animations proposées. À l’aide d’idées exprimées sur un post-it, récits racontés et analysés, ou même de théâtre-forum, chaque groupe a pu raconter son expérience et son ressenti vécus lors des contacts entre les professionnels et les familles. Les groupes étaient en matinée rassemblés en groupes de pairs puis, l’après-midi, en salle plénière, les participants restituaient leurs travaux devant tous.

Des prises de conscience ont jailli de ces échanges, notamment sur la manière de communiquer qui n’est pas toujours vécue de la même manière des deux côtés. Les mots n’ont pas le même sens ni le même poids pour les uns et pour les autres.

Idées restituées pour une amélioration des relations professionels-familles.

Restitution des travaux

L’après-midi du quatrième jour eut lieu une restitution des travaux lors d’une séance semi-publique. Dans une salle remplie d’idées et de bonnes intentions, chaque groupe de pairs a commencé par exprimer un message sous différentes formes d’expression orale.

L’ensemble des participants ont été d’accord sur le fait qu’il faille humaniser les relations.

Comment humaniser les relations ?

Les militants ont fait ressortir que, du point de vue des familles qui rencontrent un ou plusieurs professionnels, il est nécessaire de prendre du temps pour mieux se comprendre, que ce soit dans la manière de recevoir la famille lors d’un rendez-vous, dans les mots utilisés ou dans le comportement non verbal. Cela peut changer beaucoup de choses. Pour cela, ne pas faire culpabiliser la famille, se montrer compréhensif et surtout leur montrer que le temps du rendez-vous leur est entièrement consacré. Bref, qu’ils sont des personnes et non des numéros.
Les familles ont envie d’avancer avec les professionnels et non contre eux, ils ont envie de co-construire. Du côté des professionnels, on a parlé du turn-over conséquent qu’il y a lieu chez les employés, et que leurs places sont délicates. Eux aussi peuvent côtoyer la violence. Parfois, ce sont deux violences qui se rencontrent. Certains professionnels ont conscience de cette violence, mais se sentent démunis. Souvent, la réaction à cette violence est double et se retourne contre la famille. Le placement est alors plus vite choisi que d’autres solutions. Et l’on sait que le placement est d’une violence inouïe pour la famille et l’enfant.

Ces quatre jours ont été intenses en échanges et en enseignements. Le cadre bienveillant et l’écoute attentive des participants ont permis à la parole de bien circuler et aux prises de conscience d’éclore.

Espérons que cette éclosion sera l’étincelle vers une amélioration durable du dialogue entre les professionnels de l’Aide à la Jeunesse, et les personnes qui ont recours à leurs services.