Numéro 136 (mars 2026 à mai 2026)

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  • Édito : Un message d’une violence inouïe
  • La couleur d’un engagement : Rencontre avec Cécile Wouters, pianiste, passionnée par l’éducation artistique et culturelle, qui a réalisé un stage en immersion auprès d’ATD Quart Monde en 2025.
  • Échos de l’Université populaire de décembre 2025
    Le 20 décembre 2025 à l’Université de Namur, s’est tenue une Université populaire (UP) Quart Monde consacrée au thème de la paix.
  • ATDynamique Jeunesse – Les jeunes de Belgique au Luxembour pour le 17 octobre : La solidarité, c’est le thème qui nous a été soumis pour prendre la parole à l’occasion du 17 octobre au Grand-Duché de Luxembourg avec le groupe Jeunes de Belgique.
  • Combien sont-ils, que vont-ils devenir : mieux accompagnés ou plus contrôlés ?
    Selon des estimations, suite aux mesures gouvernementales, quelque 120 000 demandeurs d’emploi sont exclus du chômage, dont une écrasante majorité en Wallonie et à Bruxelles. Privés de toute ressource, environ un tiers d’entre eux ont ou iront frapper à la porte du CPAS. Pour l’heure, on ne connaît pas encore bien le sort réservé aux autres qui sont censés se débrouiller.
  • Réforme du chômage : qu’en pense la  Fédération des Services Sociaux ? : Nous voulions recueillir le point de vue des travailleur·euse·s sociaux·ales sur l’impact de la réforme des allocations de chômage. Nous avons donc sollicité la Fédération des Services Sociaux (FdSS). La FdSS fédère et représente des services sociaux associatifs et mutualistes en Wallonie et à Bruxelles. Pour soutenir les acteur·rice·s de terrain, elle développe projets, formations et expertise en travail social et en accès aux droits.
  • World News : Cette rubrique illustre l’aspect international de notre Mouvement en donnant des nouvelles des actions d’ATD Quart Monde à travers le monde.
  • Woon Actie / Action Logement : se mobiliser pour le droit au logement : Les loyers augmentent plus vite que nos salaires. C’est un constat partagé par de nombreuses familles, que ce soit à Bruxelles, en Wallonie ou en Flandre. Pour beaucoup, trouver ou garder son logement devient un casse-tête quotidien : il faut choisir entre payer son loyer, se chauffer correctement ou faire face aux autres dépenses essentielles (santé, éducation, loisirs, etc.). Dans le même temps, les listes d’attente pour un logement social s’allongent à n’en plus finir et les expulsions des plus précaires se multiplient.

ÉDITO – Un message d’une violence inouïe

La pire violence, c’est d’avoir abandonné des gens au chômage pendant des années, expliquait lors d’un interview le ministre Jeholet, interrogé sur la limitation des allocations de chômage dans le temps.

Tout à fait d’accord avec vous, Monsieur le Ministre, votre propos rejoint le principe fondamental de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies : ne laisser personne de côté.
Mais je doute que cette raison motive le choix du gouvernement. La décision d’exclure du chômage les personnes les plus éloignées des circuits de travail contribue-t-elle à les remettre en selle ? Quelles sont les mesures prises en termes de formation ou d’accompagnement pour relever ce défi ? Quels sont les moyens supplémentaires donnés entre autres aux CPAS supposés prendre le relais ?

La réponse est affligeante : les moyens donnés sont notoirement insuffisants. Le budget permet à peine aux CPAS de faire face à l’afflux des nouvelles demandes. Il compense la charge accrue, mais n’ambitionne pas de remettre au travail les personnes « virées » du chômage.

En fait, sous le couvert fallacieux et hypocrite d’un refus d’abandon, le message qui leur est envoyé est d’une violence inouïe : si vous êtes restés de côté, c’est de votre faute, vous êtes en tort. Il nous revient de stigmatiser et de sanctionner votre laisser-aller de profiteurs. Cette vision se fonde sur un double a priori simpliste et erroné : aussi longtemps qu’il y a des offres d’emploi, les demandeurs d’emploi devraient trouver automatiquement un job et d’autre part, s’ils n’en trouvent pas, c’est qu’ils le veulent bien.
Je dénonce cet a priori.

Déjà depuis longtemps, faute de moyens, en utilisant un levier leur permettant de proposer un contrat de travail aux bénéficiaires de l’aide sociale, les CPAS manquaient totalement d’ambition. Ce système visait à remettre la personne aidée en ordre de chômage. Message clair s’il en est : on vous procure au mieux un travail temporaire, juste le temps nécessaire pour être en règle avec le chômage.

Aujourd’hui, on renvoie vers le CPAS ceux-là mêmes dont il s’était débarrassé. Et sans lui donner à lui ou aux autres plateformes d’emploi les moyens supplémentaires de former ou de soutenir les personnes privées d’emploi.

Cette politique ne fait que désocialiser et marginaliser encore plus les travailleurs les plus vulnérables.

Parce que nous entendons qu’ils soient respectés, ensemble, nous disons non.

Georges de Kerchove

Partenaire Quart Monde 136

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