Numéro 138 (septembre 2026 à novembre 2026)

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  • Édito : Les cpas après 50 ans : un bilan contrasté et des défis à relever
  • RÉFORMES DANS L’ENSEIGNEMENT – Quelle place pour les familles les plus pauvres ? : Alors que la rentrée vient de débuter, l’enseignement francophone reste marqué par de fortes tensions. Grèves, manifestations et inquiétudes se sont multipliées face aux réformes initiées par la ministre Valérie Glatigny. Pourtant, ces réformes s’inscrivent dans la continuité du Pacte pour un Enseignement d’excellence. Lancé en 2015, celui-ci avait notamment pour ambition de lutter contreles inégalités scolaires. Pour y parvenir, différents acteurs du monde scolaire avaient été associés à sa construction. Mais derrière cette concertation se pose la question de la place accordée aux familles les plus pauvres. Une question qui prend tout son sens lorsqu’on s’intéresse au parcours de leurs enfants, fortement représentés dans l’enseignement spécialisé. Pour mieux comprendre ces enjeux, nous avons interrogé notre détachée pédagogique Catherine Beauthier.
  • La couleur d’un engagement : Christelle Makou et Margaux Carpent, deux nouvelles volontaires, nous racontent leur engagement à ATD Quart Monde, qu’elles ont commencé ensemble en septembre 2025 à travers un stage d’immersion.
  • Les ateliers créatifs d’ATD Quart Monde : Dans son combat contre la pauvreté, ATD Quart Monde considère l’art et la culture comme des leviers essentiels. Il s’agit non seulement de favoriser l’accès à la culture, mais aussi de valoriser les talents, la créativité et les contributions des personnes en situation de pauvreté.
  • Rencontres de la jeunesse : Les 3 et 4 juillet, tous les membres du Mouvement de moins de 35 ans ont été invités à un moment de rencontre.
  • La mobilisation porte ses fruits : Depuis plusieurs années, ATD Quart Monde se mobilise avec d’autres associations pour que la numérisation des services publics ne devienne pas une nouvelle barrière à l’accès aux droits. En 2026, cette mobilisation a franchi une étape importante: la Belgique garantira cumulativement trois alternatives au numérique : le téléphone, le guichet et le courrier.
  • 17 OCTOBRE : JOURNÉE INTERNATIONALE POUR L’ÉLIMINATION DE LA PAUVRETÉ – Quelles actions en Belgique en 2026 ? : Chaque année, le 17 octobre est l’occasion, partout dans le monde, de faire entendre la voix des personnes en situation de pauvreté et de rappeler que la misère n’est pas une fatalité. En Belgique, ATD Quart Monde et ses partenaires se mobilisent à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre. Découvrez les actions prévues en 2026.
  • World News : Cette rubrique illustre l’aspect international de notre Mouvement en donnant des nouvelles des actions d’ATD Quart Monde à travers le monde.
  • LA MAISON QUART MONDE SE TRANSFORME – Un lieu rénové pour mieux lutter : Depuis plus d’un an, la Maison Quart Monde de Bruxelles se transforme. Isolation, ventilation, nouveaux espaces de travail, récupération d’eau de pluie… De nombreux travaux ont été réalisés pour rendre ce lieu essentiel à notre Mouvement plus confortable, plus accessible et plus durable. Venez découvrir le résultat lors de nos portes ouvertes les 10 et 11 octobre!

ÉDITO – Les cpas après 50 ans : un bilan contrasté et des défis à relever

« Par une loi de 1976, notre pays garantissait à toute personne le droit à l’aide sociale qui a pour but de permettre à chacun de mener une vie conforme à la dignité humaine. Les CPAS avaient et ont toujours pour mission d’assurer cette aide.
L’avancée était immense : on passait d’une logique d’assistance et de charité à une logique de droit. L’aide n’était plus une faveur accordée, mais un droit reconnu, et la société avait une obligation de solidarité.

Où en sommes-nous 50 ans après ?
Le bilan est contrasté. Formellement, le droit à une existence digne demeure sous la forme du revenu d’intégration sociale (RIS) instauré en 2002, mais il n’est pas inconditionnel et son taux dépend de la situation familiale. D’où le contrôle des brosses à dents dénoncé par de nombreuses associations pour vérifier, souvent de façon très intrusive, si la personne vit seule ou en ménage. Au prix d’un risque accru de violer la vie privée, au début de cette année 2026, la notion de cohabitant a encore été renforcée. Par ailleurs, pour de nombreux bénéficiaires, les montants restent inférieurs au seuil de pauvreté.

De plus, ce droit à l’aide sociale est soumis à des conditions toujours plus restrictives qui risquent d’en faire une coquille vide. Ainsi, depuis dix ans, le RIS est obligatoirement subordonné à un projet individualisé d’intégration sociale (PIIS). Il s’agit en principe d’une convention négociée de commun accord qui fixe par exemple les modalités d’une formation ou d’une recherche d’emploi. Mais dans la pratique, par manque de moyens, le CPAS impose souvent un projet relativement standardisé qui ne correspond pas nécessairement à la situation du bénéficiaire, et que celui-ci n’est pas à même de négocier. Dès lors, la mission des CPAS change subrepticement de nature : il accompagne moins, mais contrôle plus. Il en résulte un accès plus difficile au droit. Des rapports récents publiés par le SPF Sécurité sociale et différentes universités confirment que plus de la moitié des ayants droit au RIS n’y ont pas accès.

Côté statistique : en moins de vingt ans, selon le Bureau fédéral du Plan, le nombre moyen de bénéficiaires du RIS a plus que doublé : de moins de 80 000 personnes en 2006 à environ 166 000 en 2024, avec de fortes disparités selon les régions et une surreprésentation des femmes et des jeunes entre 18 et 24 ans. Quelles conclusions tirer de ces constats ? Plus que jamais, le CPAS constitue le dernier maillon censé assurer à chacun le droit à une existence digne. Mais ce maillon toujours plus sollicité, surtout depuis la limitation dans le temps du chômage, présente des failles importantes.
À nous d’agir pour corriger ces failles. Elles ne sont pas inéluctables, il y va de notre responsabilité de citoyen d’interpeler tous les niveaux de pouvoir pour renverser la tendance et assurer à chacun le droit inconditionnel à une existence conforme à la dignité humaine.

Georges de Kerchove

Partenaire Quart Monde 138

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