Etterbeek

Nous sommes un groupe de parole qui rassemble des personnes qui vivent la pauvreté ou l’ont connue. Et d’autres qui ne la connaissent pas. On est une quinzaine et on se rassemble une fois par mois dans la Maison Quart-Monde à Etterbeek.

Lors de nos rencontres, on discute de thèmes qui nous préoccupent en lien avec l’Université Populaire Quart Monde : le travail, le logement, le chômage, la dignité,… On en parle à partir de ce qu’on vit au quotidien. On parle aussi de nos droits. De toutes les conditions pour les avoir, de la difficulté de les garder. Ou simplement d’apprendre qu’on a des droits.

On peut échanger en toute confiance au sein du groupe. Ce qui se dit dans la cellule n’est pas répété en dehors. On peut aussi expliquer ce que l’on vit sans être jugé. Dans la cellule, on parle d’égal à égal. C’est pas comme dans la société, quand on parle au juge ou à notre assistant social, on est pas à égalité. On est en-dessous.

La cellule est un lieu où les personnes pauvres ont prioritairement et principalement la parole.

Nous participons aux cellules pour plusieurs raisons. Une des membres nous dit : « Quand on est seul avec personne à qui parler on peut venir dans des groupes comme ça. J’ai ma fille qui m’a quittée il y a 3 ans, je suis seule chez moi. J’essaye de venir le plus possible, je passe mon temps à parler, à discuter, j’apaise vraiment ce que j’ai ».

Nous participons aussi pour faire des nouvelles rencontres. Dans la cellule, on peut soutenir d’autres qui ont plus de difficultés que nous. On peut expliquer à d’autres qu’ils ont des droits. On partage nos connaissances et notre vécu. On se rend compte qu’on n’est pas tout seul à vivre cela.

Ceux qui n’ont pas vécu la pauvreté disent souvent «On vit dans une bulle. Quand on vient à la cellule, on se rend compte de situations de vies qu’on ne s’imaginait pas. Ce sont des vies dures». Un membre témoigne : « Moi je ne parle pas beaucoup mais j’écoute beaucoup, ça fait beaucoup de choses qui restent dans un coin de ma tête. C’est pour ça que je suis là. Je pense aussi que c’est important à la cellule de faire venir des gens qui ont encore plus de difficultés. Dans ma vie de tous les jours quand je vois des gens, des amis, je leur parle d’ATD et de la pauvreté ».

Tous dans la cellule, on veut que ça change. On veut une société où on est à égalité. Où chacun à ce qui lui faut pour vivre bien et où on est respecté.

Pour contacter le groupe, écrivez à Gregory Demuylder gregory.demuylder@hotmail.fr