Numéro 107 (décembre 2018 – février 2019)

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  • Édito : «Le 17 octobre entre deux élections : le refus de la pauvrophobie »
  • La couleur d’un engagement : Rose-Marie Noë, alliée du Mouvement, voit l’ouverture à l’art comme moyen de rencontrer et fortifier la vie dans un quotidien meurtri par la précarité. Découvrez son portrait.
  • Donner, c’est s’engager :  Dans le milieu associatif, la fin de l’année est traditionnellement consacrée à la récolte de fonds. Nous profitons de l’occasion pour faire un état des lieux de nos actions et de ce que les dons apportent ou pourraient apporter ensemble à nos projets.
  • Une journée pour se mobiliser dans le monde entier :  Le 17 octobre, a été célébrée la Journée mondiale du refus de la misère. Tour d’horizon du déroulement de cette journée en Belgique et partout dans le monde.
  • La pauvrophobie en débat : Présentation du terme pauvrophobie et du livre sur le sujet publié par le Forum Bruxelles contre les inégalités.
  • Les mêmes droits pour tous ? : Le 17 octobre 2018, plusieurs membres du groupe d’ATD Quart Monde Centre – La Louvière ont pris la parole pour faire un état des lieux des droits humains en Belgique. Dans ce premier article d’une série de trois, nous vous invitons à découvrir l’analyse par des militants de La Louvière des articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme à propos de liberté, d’égalité, d’accès à la justice et la vie privée ou familiale.
  • Donnez du sens à vos cadeaux :  Pour ce Noël, la boutique solidaire d’ATD Quart Monde vous propose ainsi qu’à vos proches une sélection de livres, cadeaux et cartes de vœux. Les commandes se font via le site web

Édito : « Le 17 octobre entre deux élections : le refus de la pauvrophobie»

À Bruxelles, des associations de lutte contre la pauvreté l’ont illustré de maints exemples à l’occasion du 17 octobre 2018 : on taille aux pauvres des habits de profiteurs et de fraudeurs, et on les contrôle toujours plus.

À Namur, des citoyens se sont rassemblés devant le Parlement wallon sous les slogans « la réduction des inégalités doit s’imposer, la violence par l’appauvrissement doit cesser ».

À La Louvière, des militants du Mouvement et d’autres citoyens ont proclamé avec force que la misère est violation des droits humains. Ils ont interpellé notre démocratie qui se revendique des droits fondamentaux. Le Bourgmestre de la ville participait à la cérémonie et a souhaité que les associations restent un aiguillon, exigeant des autorités une politique plus inclusive.

À Quaregnon, la cérémonie qui mélangeait discours, témoignages et concerts s’est clôturée à l’hôtel de ville et le droit à la culture formait le fil rouge du programme.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Gand, Bruges ou Louvain. Partout dans le monde, avec des accents différents, chaque rassemblement du refus de la misère a souligné qu’éradiquer la misère exige le respect de l’égale dignité de chacun quelle que soit son origine sociale, de fortune ou de toute autre situation.

Comment transformer ces moments forts en avancées durables au lendemain des élections communales et à la veille de celles du printemps ?

L’enjeu est de taille. Nous refusons une société plus portée à investir dans les prisons et les contrôles que dans les écoles et l’accompagnement de ses membres les plus faibles. Nous refusons une société qui les maintient dans la survie et la peur.

Au-delà des questions de manque de logement, d’éducation, ou de non accès au travail, le plus intolérable, c’est de ne compter pour personne. C’est de se voir réduit à un rôle d’assisté. C’est quand votre avis n’est jamais pris au sérieux et n’a aucun poids. Alors, les plus pauvres restent soumis aux programmes que les possédants
leur imposent, mais ils ne participent pas au projet d’une société qui définit ses objectifs sans eux.

Nous demandons qu’ils soient considérés comme des citoyens à part entière. Leur expérience et leur réflexion sont indispensables pour bâtir une société juste, solidaire et plus humaine. À défaut, des dynasties de nantis continueront à imposer leurs critères tandis que les pauvres risqueront de le rester de génération en génération.

Voulons-nous ce type de société ?

Georges de Kerchove

Partenaire Quart Monde 107