Numéro 104 (mars – mai 2018)

Abonnez-vous à « Partenaire » et restez au courant des activités d’ATD Quart Monde en Belgique !

  • Édito : « C’est la première fois qu’on me dit Monsieur »
  • La couleur d’un engagement : Découvrez le témoignage de Kysly Joseph, volontaire permanent du mouvement, investi dans le groupe de Liège.
  • De la méfiance à la complémentarité : Reportage sur la dernière co-formation en « croisement des savoirs » organisée par ATD Quart Monde avec des professionnels de l’Aide à la Jeunesse et des parents ayant l’expérience de la pauvreté.
  • Oubliés des droit de l’Homme :  Ressenti de lecture par rapport au livre « Rue des Droits de l’Homme. La fronde des sans-abris » de Georges de Kerchove.
  • Une école pour la réussite de tous : Après trois ans de travail, le groupe « Nos ambitions pour l’école » partage ses propositions pour la création d’une école dans laquelle tous peuvent réussir.
  • Le lien entre handicap et pauvreté, un thème difficile mais important : Retour sur l’Université populaire Quart Monde de décembre.

Édito : « C’est la première fois qu’on me dit Monsieur »

2018 sera marqué par la campagne qui se profi le pour les élections communales, avec en arrière fond d’autres élections l’année suivante. On y débattra des grandes orientations sociétales. D’emblée, se pose une question : la voix des plus vulnérables participera-t-elle à ce débat ? Y sera-t-elle entendue ?

La question est essentielle car l’avenir de nos sociétés n’a de sens que vu d’en bas. Une société qui ne tient pas compte des aspirations de  ses membres les plus faibles se mutile elle-même.

Aux Pays-Bas persistent encore des « spookburgers », des hommes et des femmes tellement en dehors de tout qu’ils n’ont plus aucun droit et n’existent plus légalement. « C’est la première fois qu’on me dit Monsieur », s’étonnait un de ceux-ci lors d’un séjour à la ferme de Wijhe.

En Allemagne, et notamment à Berlin, des sans-abri plantent leur tente dans des zones de broussailles le long des lignes de chemin de fer et, pour survivre, arpentent la ville à la recherche de bouteilles consignées. Leur nombre a quadruplé en dix ans. Que ce soit là-bas ou ici, les mêmes constats s’imposent, les mêmes défis sont à relever.

Dans notre pays, alors que le taux d’illettrisme est de l’ordre de dix  pour cent, quelles priorités se donne la politique de l’enseignement ?  Le statut d’handicapé, piège ou tremplin pour ceux qui en bénéficient ?

Ce numéro évoque ces questions. En outre, il présente un récit qui relate comment des sans-abri ont osé relever la tête. Il illustre l’engagement d’un volontaire permanent du Mouvement qui nous parle d’Haïti, son pays d’origine. Enfi n, il aborde le travail réalisé par un groupe sur le thème de l’école, dans la dynamique du croisement des savoirs.

En effet, bâtir une société solidaire, ce n’est pas seulement faire des choix politiques, c’est changer de regard et toujours se mettre du côté du plus faible, où qu’il soit. Par un engagement dans la durée.

Georges de Kerchove

Partenaire N°104