Croisement des savoirs

Le « croisement des savoirs et des pratiques avec des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale » © est une démarche qui vise la pleine participation des personnes vivant de grandes difficultés à l’évolution et la transformation de la société pour la rendre plus juste, plus démocratique, plus solidaire et respectueuse des droits humains. Elle met en dialogue des groupes de personnes en situation de pauvreté avec des groupes de chercheurs, de professionnels, d’acteurs associatifs. En croisant leurs savoirs et leurs pratiques, ils produisent ensemble une connaissance plus complète de la société et des actions plus efficaces. Cette démarche s’appuie sur des méthodologies rigoureuses. Celles-ci visent à permettre à des personnes et des groupes en situations profondément inégales de contribuer à égalité à la construction commune.
Le « Croisement des savoirs » est une dynamique permettant de créer les conditions pour que le savoir issu de l’expérience de vie des personnes qui connaissent la pauvreté puisse dialoguer avec les savoirs scientifiques et professionnels. Ces différents savoirs produisent une connaissance et des méthodes d’actions plus complètes et inclusives.

Le Croisement des savoirs, mis en œuvre dans de nombreux pays, s’inscrit dans des domaines très divers : santé, travail social, éducation, sciences humaines et sociales, etc… .

Quand des personnes en situation de pauvreté, des universitaires et des professionnels pensent et se forment ensemble

(Éditions de l’Atelier, Éditions Quart Monde, réédition 2008).

Elle a déclenché une sorte de « big-bang », puisqu’un nombre croissant d’initiatives, de rencontres, d’interventions, de co-formations, de recherches-actions et de publications sous des formes les plus diverses (livres, articles de revues et de journaux, thèses, etc.) développent cette méthode ou s’en inspirent.

La lutte contre la grande pauvreté et les exclusions ne peut être efficace, produire des résultats durablement, que si elle est menée avec la pleine participation des personnes vivant de grandes difficultés, soutenue par la mobilisation de tous, et dans la mesure où la cible est la réalisation par tous de l’ensemble des droits fondamentaux et le respect de l’égale dignité.

Le partenariat des personnes qui cumulent le plus les précarités est indispensable parce qu’elles ont un savoir d’expérience non seulement sur elles-mêmes et leur condition, mais aussi sur le monde environnant qui leur fait vivre ces situations de pauvreté, sur ce qu’il est et sur ce qu’il devrait être pour ne plus exclure les plus faibles. Leurs réflexions et analyses sont indispensables pour comprendre comment nous pouvons rendre nos sociétés plus humaines, plus justes et respectueuses des droits de l’homme.
Les savoirs de vie des personnes en grande pauvreté, croisés avec les savoirs académiques des scientifiques et de universitaires, les savoirs d’action des professionnels, sont source d’innovations, de changements et de progrès démocratiques. La recherche-action-formation par le croisement des savoirs, permet une meilleure compréhension des réalités, des problèmes de société, une coproduction de connaissances plus justes et fondées. Cette approche renforce la capacité des acteurs à agir ensemble et en complémentarité, pour améliorer les conditions de vie des personnes en grande précarité, pour réaliser les transformations sociales nécessaires.

Il s’agit là d’un processus démocratique dont la finalité est la conception et la mise en œuvre d’un projet de société, où chacun a pleinement sa place et une contribution. De ce fait, il est non seulement question d’un croisement des savoirs et des pratiques, mais également d’un croisement des pouvoirs d’agir et de décider.

En Belgique, le croisement des savoirs est utilisé lors de co-formations réunissant simultanément des professionnels issus de diverses secteurs (travailleurs sociaux, enseignants…) et des personnes vivant la grande pauvreté. Il est également employé pour permettre à des personnes ayant l’expérience de la pauvreté de participer au suivi du rapport bisannuel du Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale.

Au niveau international, le croisement des savoirs est actuellement utilisé dans un projet de recherche autour des indicateurs de pauvreté impliquant des chercheurs universitaires et des personnes ayant l’expérience de la pauvreté venant de Tanzanie, d’Angleterre, du Bangladesh et de France.

Téléchargez la charte du croisement des savoirs et des pratiques 

Latest news