Lettre au Premier Ministre sur le rapport Citoyenneté et Pauvreté

30 organisations interpellent les gouvernements pour que les personnes en situation de pauvreté soient considérées comme des citoyens à part entière.

Le Premier Ministre et les ministres-présidents des communautés et régions reçoivent aujourd’hui une lettre signée par plus de 30 organisations: associations dans lesquelles les plus pauvres se mobilisent, CPAS, syndicats, mutualités, services sociaux et institutions de formation du Nord et du Sud du pays. Tous ont collaboré au neuvième rapport bisannuel ‘Citoyenneté et Pauvreté’ publié en ce début d’année 2018 par le Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale.

Ce rapport n’est pas un document parmi beaucoup d’autres. Le Service concrétise depuis plus de 20 ans une démarche originale recommandée par le Rapport Général sur la Pauvreté. Y contribuent dans la durée des personnes habituellement exclues du débat public, et ceci en dialogue avec des volontaires et professionnels engagés dans divers organismes et associations.

Ce rapport a été ainsi nourri de l’expérience de vie, des analyses, des combats et des aspirations de toute une population invisible, généralement réduite au silence. Les conditions qui lui sont imposées lui donnent un point de vue irremplaçable sur l’état de notre société. Elle en révèle les failles mais indique aussi des chemins à suivre, dans de nombreux domaines comme par exemple : le logement, la vie familiale, le statut ‘cohabitant’ et les allocations, la conditionnalité accrue des droits, le non-respect de la vie privé, le travail et le bénévolat, la participation politique etc.

La lettre souligne l’importance du rapport Citoyenneté et Pauvreté réalisé de façon exemplaire par le Service de lutte contre la pauvreté, et la qualité exceptionnelle de ces concertations ambitieuses et constructives. Les signataires demandent donc aux ministres de faire de ce rapport un outil de travail à tous les niveaux de pouvoir, “parce que les citoyens qui vivent en situation de pauvreté méritent d’être reconnus en tant que tels et ont besoin de droits pour pouvoir assumer des responsabilités. C’est la société tout entière qui en sortirait gagnante.” (extrait du Rapport Citoyenneté et Pauvreté, p. 129)

La lettre et la liste des signataires : voir plus bas

Contact presse : Vanessa Joos, Coordinatrice des associations signataires, ATD Quart Monde, Ave. Victor Jacobs 12, 1040 Bruxelles. 02-650.0870. E-mail: burgerarmoede.citoyenpauvrete@gmail.com

 

Lettre

Monsieur le Premier Ministre
Messieurs les Vice-Premier ministres
Messieurs les Ministres-Présidents
Messieurs et Madames les Vice-Présidents

En ce début d’année 2018, le Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale qui a vu son existence légale approuvée en 1999 par tous les Parlements du pays dans le cadre d’un accord de coopération, a publié son neuvième rapport bisannuel sur la thématique ‘Citoyenneté et Pauvreté’.

Ce rapport, auquel les associations signataires ont collaboré avec d’autres, n’est pas un document parmi beaucoup d’autres.

On parle beaucoup de démocratie participative et de nouvelles formes de participation impliquant davantage les citoyens. Ce document s’inscrit de façon exemplaire dans cette perspective développée notamment par le premier ministre qui, pour présenter les ambitions de son gouvernement, citait Nelson Mandela: Vaincre la pauvreté n’est pas un geste de charité. C’est un acte de justice. Il s’agit de protéger les droits humains fondamentaux, le droit de vivre dans la dignité. Libre et décemment.
Le Service concrétise en effet depuis plus de 20 ans une démarche originale recommandée par le Rapport Général sur la Pauvreté. Y contribuent dans la durée des personnes habituellement exclues du débat public. Tant le Gouvernement fédéral que les entités fédérées peuvent se montrer fiers de l’existence d’un tel dialogue entre des hommes et des femmes dont l’extrême précarité rend la voix inaudible, et d’autres citoyens représentant divers organismes et associations. Le Service a relevé avec succès le défi d’animer ce dialogue au cours duquel ont pu se croiser la parole de ceux dont l’expérience et encore plus la réflexion comptent généralement pour si peu, et celle d’autres citoyens.

Ne le cachons pas, ce dialogue fut à certains moments ardu, même si les personnes vivant dans la pauvreté étaient ancrées et portées par leur milieu et leurs associations. Le rythme des uns, en particulier de ceux qui maîtrisent difficilement l’écrit, diffère fort de ceux qui ont bénéficié d’une bonne formation. Les préoccupations de ceux qui survivent dans la débrouille ne suivent pas la même logique que celles des personnes qui ont les moyens de se projeter dans l’avenir.

Ce rapport a été ainsi nourri de l’expérience de vie, des analyses, des combats et des aspirations de toute une population invisible, généralement réduite au silence. Les conditions qui lui sont faites lui donnent un point de vue irremplaçable sur l’état de notre société. Elle révèle ses failles mais indique aussi des chemins à suivre. Ce rapport est donc un appel non seulement à reconnaître les personnes les plus pauvres comme des citoyens à part entière et des artisans des droits de l’homme, mais aussi à mettre en œuvre des choix politiques essentiels pour être à la hauteur des valeurs proclamées. Loin de réclamer des mesures spécifiques pour une population particulière, ce rapport a l’ambition de pousser notre société vers l’avant, à partir des plus exclus, pour garantir à tous l’accès effectif aux droits fondamentaux et à la citoyenneté.

Ce rapport est entre vos mains. Nous vous demandons d’en faire un outil de travail à tous les niveaux de pouvoir pour concrétiser les espoirs des plus pauvres et leur ambition de contribuer à une société plus juste, plus solidaire et plus démocratique.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Vice-Premier ministres, Messieurs les Ministres-Présidents, Messieurs et Madames les Vice-Ministres présidents, les associations signataires vous présentent leurs salutations distinguées.

Signataires

– *ATD Quart Monde / ATD Vierde Wereld
– *ATD Quart Monde — Gens du voyage / ATD Vierde Wereld — Mensen van de Weg
– *Beweging van mensen met een laag inkomen en kinderen – BMLIK, Oostende
Bond Zonder Naam – Filet Divers vzw
Centre d’Appui aux Services de Médiation de Dettes de la Région de Bruxelles-Capitale — Steunpunt voor de Diensten Schuldbemiddeling van het Brussels Hoofdstedelijk Gewest
Centre de Médiation des Gens du Voyage et des Roms en Wallonnie — CMGVRW
Centre de planning familial Plan F
– *Centrum Kauwenberg vzw
Confédération des Syndicats Chrétiens de Belgique (CSC) / Algemeen Christelijk Vakverbond (ACV)
– *De Vrolijke Kring vzw
– Federatie van Vlaamse OCMW—maatschappelijke werkers
Fédération des Services sociaux — FdSS—FdSSB
Fédération générale du travail de Belgique (FGTB) / Algemeen Belgisch Vakverbond (ABVV)
Fédération Wallonne des Assistants Sociaux de CPAS — FéWASC
– *Front Commun des SDF / Gemeenschappelijk Daklozenfront Vlaanderen – Brussel – Wallonië
Hénallux — Département Social
HUURpunt vzw – Federatie van svk’s in Vlaanderen
l’Ilot asbl
La Ligue des Familles
La Plateforme francophone du Volontariat
– *La Rochelle asbl — Maison de Quartier
Le Forum — Bruxelles contre les inégalités
– *Le Pivot asbl
– *Mouvement Luttes Solidarités Travail — LST
Nederlandstalige Vrouwenraad
Netwerk tegen Armoede
Pigment vzw
Réseau belge de lutte contre la pauvreté / Belgisch Netwerk Armoedebestrijding / Belgian Anti-Poverty Network (BAPN): Brussels Platform Armoede, Le Forum – Bruxelles contre les inégalités, Netwerk tegen Armoede, Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté
Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté — RWLP
Samenhuizen vzw
Samenlevingsopbouw
Union Nationale des Mutualités Socialistes / Nationaal Verbond van de Socialistische Mutualiteiten – Solidaris
Vereniging van Vlaamse Steden en gemeenten vzw — VVSG
Vlaams Huurdersplatform vzw
Welzijnsschakels vzw
Welzijnszorg vzw