Vacances, un nouveau départ….

Article de ’Partenaire’ n° 73, mai - juin 2011

Article posté le 28 juin 2011 Print Friendly

Vacances, un nouveau départ….

Beaucoup s’apprêtent à partir pour des vacances soigneusement préparées. Nous leur souhaitons un temps de vacances conforme à leurs attentes. Toutefois, beaucoup d’autres ne partiront pas. Ils sont enfermés dans un quotidien où les difficultés s’accumulent. Partir est un luxe inaccessible, un rêve que l’on se désespère de pouvoir réaliser. Pourtant, qui plus que les familles pauvres a besoin de prendre du recul, se reposer, aller à la rencontre d’autres personnes, les découvrir et les apprécier ? Le Mouvement ATD Quart Monde, depuis des décennies, a perçu ce besoin et a créé des lieux de vacances pour les familles. Celles qui ont pu ainsi partir n’ont de cesse de dire et de redire que ces temps ont été pour elles des occasions extraordinaires de reprise de courage. Enfin, du temps pour se ressourcer, pour recréer l’accord au sein de la famille. Retrouver la paix, le soleil, la nature, le rire, la joie : c’est une impérieuse nécessité. Enfin, pouvoir s’aimer et s’estimer, parler ensemble dans le calme, échafauder de nouveaux projets, se faire des amis, chacun y aspire.

Hélas, dans notre pays, ce besoin des familles n’est pas assez compris, soutenu. De « beaux esprits » se demandent encore : « Mais de quoi sont-ils fatigués ? Ils ne travaillent pas ». On sait pourtant tous les dégâts qu’entraîne l’absence de travail : perte de revenus mais aussi perte d’estime et de confiance en soi.

Pour nous, le droit aux vacances familiales est important. C’est un maillon essentiel dans la politique familiale et dans la lutte contre la pauvreté. C’est une matière trop négligée dans notre pays. C’est une matière où règne de plus en plus le « chacun pour soi ». Quelle société formons-nous si ce « chacun pour soi » devient, pour les-uns, accès, pour les autres, impasse et privation ? Il est temps de promouvoir un droit effectif aux vacances familiales qui permettent à tous de progresser. Ce n’est pas un luxe, c’est une impérieuse nécessité.

Pierre HENDRICK.