Vacances, des temps qui rendent plus fort

Article du n° 63, mai / juin 2009

Bientôt nous prendrons des vacances. Temps de détente, de retrouvailles, de rencontres et de découvertes attendus pour beaucoup ; elles sont cependant du domaine du rêve pour de nombreuses personnes de tout âge. C’est particulièrement la situation des familles qui connaissent en permanence des conditions de vie difficiles. Partenaire présente deux types d’initiatives qui tentent de leur rendre accessibles des temps de vacances.
Article posté le 15 juin 2009 Print Friendly

Vacances, des temps qui rendent plus fort

Pirlewiet est une association flamande qui organise depuis plus de 20 ans des séjours de vacances pour des personnes vivant dans la pauvreté. Maryke, volontaire permanente, a participé avec ses enfants au séjour de Pâques à la mer. Elle témoigne :

Elise est venue seule avec ses quatre enfants. Son mari n’a pas pu prendre congé. Il commence son travail à 4 heures du matin. Son vélomoteur est en panne et le médiateur de dettes ne l’autorise pas à faire la dépense de la réparation. Il part donc chaque jour à 2 heures pour faire à pied les 15 km qui séparent leur domicile de son lieu de travail !

«  Elise devait se rendre à pied à la gare... avec une énorme valise. Elle n’avait voulu déranger personne en ce temps de Pâques, mais finalement elle a quand même dû téléphoner à une amie pour la conduire à la gare... Après avoir changé trois fois de train, elle arrive enfin, avec une heure de retard... Au cours du séjour arrivera la bonne nouvelle : le papa peut avoir un jour de congé et viendra rejoindre la famille ! »

Balades au bord de la mer, jeux, repas, ateliers sont des occasions de découverte et de rencontre. Durant le séjour, une maman dit à Marijke qu’elle a appris d’Elise beaucoup de bons trucs pour dépenser encore moins. Lors d’une promenade, un papa étranger, qui ne parle pas bien le néerlandais, explique qu’il habite depuis 8 ans en Belgique : « Attendre, sans perspective d’un séjour définitif... on en devient malade... J’ai arrêté les cours de néerlandais, parce que je n’en voyais pas l’utilité... ». Il ajoute « Maintenant que ça s’arrange [1], je vais reprendre le cours, après les vacances ! ».

Un service postal interne a été installé pendant le séjour. Les enfants d’abord ont envoyé et reçu des cartes, mais bien vite, les adultes ont suivi. Chaque famille est repartie avec plein de messages d’amitié. Quinze jours plus tard, Elise montre fièrement à Maryke les photos des vacances et les cartes reçues, qu’elle a encadrées. Les objets réalisés par elle et les enfants sont exposés en bonne place.

Dominique Visée,
d’après une interview de Maryke Decuypere

 

L’ONE [2] vient de lancer une campagne d’information [3] sur les activités pour enfants, dans les centres de vacances agréés par la Communauté française. Partenaire a interviewé Vinciane Charlier, responsable de cette campagne.

Partenaire : Quel est l’objectif de cette campagne ?

V.C. : Il y a tout d’abord une volonté de faire connaître les initiatives pour l’accueil des enfants durant les vacances, agréées par la Communauté française et contrôlées par l’ONE. Être agréé, c’est s’engager à respecter des critères de qualité, comme la formation des animateurs ; c’est aussi poursuivre des objectifs comme la socialisation, la participation et l’intégration des enfants. Un effort est fait dans ce secteur pour lever les obstacles financiers. Mais l’information ne passe pas toujours bien, surtout auprès des familles en difficultés. A travers cette campagne, nous espérons que ces parents connaîtront mieux les différents types d’activités proposés, et qu’ils auront un regard positif sur les plaines, les séjours et les camps.

Partenaire : Un groupe de travail a réfléchi à la manière d’atteindre les publics défavorisés. Pouvez-vous nous nous dire pourquoi l’ONE porte cette préoccupation ?

V.C. : Parmi les principes d’action de l’ONE, on retrouve l’universalité et l’accès pour tous. Les campagnes d’information doivent profiter à tous. Pour être proches des familles, nous avons cherché à ce que cette information soit relayée dans des lieux que les familles fréquentent. Des administrations communales, des CPAS, des Bibliothèques, des Consultations de Nourrissons ont accepté d’être des « points relais ». Dans ces lieux, des personnes peuvent diffuser l’information et encourager les familles à la recherche d’une structure correspondant à leurs attentes pour leurs enfants.
En outre, une des missions de l’ONE est le soutien à la parentalité. Nous pensons que les centres de vacances contribuent à l’éducation des enfants via l’apprentissage de la vie en groupe, la créativité, le sport,... mais peuvent aussi permettre aux parents de souffler durant les vacances.

Partenaire : Vous parlez essentiellement d’activités pour les enfants. Existe-t-il des lieux d’accueil reconnus et agréés par l’ONE qui permettent à des familles défavorisées de prendre un temps de vacances en famille ?

V.C. : Non, le décret centres de vacances vise l’accueil des enfants de 30 mois à 15 ans en dehors de leur milieu familial. L’idée est aussi de rendre les enfants autonomes et de leur faire découvrir de nouvelles personnes et, pour les séjours, de nouveaux horizons. S’agissant des familles défavorisées qui n’ont parfois pas d’occasion de détente en famille, vivre ensemble des temps de vacances de qualité est certainement très positif. Ce sont des projets à creuser.

Propos recueillis par Bernadette Pinet

 

[1Il pense en effet qu’il entre dans les conditions nouvellement édictées par le Ministère et espère être régularisé.

[2Office de la Naissance et de l’Enfance

[3Pour plus d’information, visitez le site web de la campagne : http://www.centres-de-vacances.be/