Respecter les droits fondamentaux.

Editorial de Partenaire n° 59, sept. / oct. 2008

Article posté le 24 novembre 2008 Print Friendly

Respecter les droits fondamentaux.

10 décembre 1948... La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme exprimait l’ambition d’une humanité blessée au sortir de la seconde guerre mondiale : garantir à chacun et chacune le respect de ses droits fondamentaux.

Soixante ans plus tard, qu’en est-il ? Des avancées, il y en a eu ; c’est certain. Mais nous pouvons légitimement nous demander si les droits humains ne sont pas une réalité pour certains privilégiés seulement. Pour les plus pauvres, en tout cas, la réalité qu’ils vivent est sans cesse en contradiction avec l’esprit et la lettre des trente articles de la Déclaration. Dans le présent numéro de Partenaire, cela est illustré sans équivoque. Or, tant que les droits fondamentaux de certains sont violés, cette Déclaration n’est pas accomplie.

Que les droits fondamentaux deviennent réalité pour tous sans exception dépend de l’engagement de chacun. C’est le sens de l’appel lancé par Joseph Wresinski, le 17 octobre 1987 : La où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’Homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.

C’est une exigence que nous devons porter dans notre pays, comme en Europe ou dans les relations internationales. Récemment, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union Européenne a été créée. Le Parlement européen a proposé d’y traiter la grande pauvreté en tant qu’atteinte aux droits fondamentaux. Cette proposition a été rejetée par le Conseil des ministres de l’Union. C’est une position que nous ne pouvons que regretter ; une occasion manquée de souligner le lien entre grande pauvreté et droits humains et de rappeler l’urgence de s’engager avec les plus pauvres dans leur combat pour faire respecter leurs droits.

Amnesty International a conclu, en août 2007, son 28e Conseil international en s’engageant fermement à « s’attaquer à la pauvreté et aux inégalités, parce que ce sont elles qui menacent le plus les droits humains sur l’ensemble de la planète. » Dès lors, c’est ensemble que nous célèbrerons, le 17 octobre prochain, la Journée Mondiale du Refus de la Misère.

Régis De Muylder