Refuser la violence

Editorial de Partenaire n° 51, janvier / février 2007

Article posté le février 2007 Print Friendly

La violence a marqué l’année qui vient de se terminer. Ainsi, dans les premiers mois, les violences dans les banlieues en France ont interpellé nos sociétés, et, fin 2006, l’ONU a publié un rapport impressionnant sur la violence contre les enfants dans le monde1. Si les violences dans les milieux de vie, dans la famille ou la violence des jeunes entre eux sont pointées, les violences dans les institutions chargées d’éduquer ou de venir en aide aux enfants et aux familles sont soulignées aussi. La précarité, l’exclusion sociale et les inégalités sont identifiées comme augmentant le risque pour un enfant d’être victime de violences...

Deux sessions de l’Université populaire Quart Monde et une journée de « connaissance - formation commune » ont abordé le thème de la violence en 2006. En effet, les personnes qui vivent dans la pauvreté ont souhaité aussi réfléchir à cette question ; elles sont confrontées à toutes sortes de violences. Leurs conditions de vie sont déjà une source de violences. Pourtant elles aspirent profondément à la paix.

Les personnes vivant dans la grande pauvreté sont parfois perçues comme « dangereuses », ayant des comportements violents ou incohérents. Ceux-ci sont souvent le fruit d’humiliations, de refus d’écoute et de considération, de frustrations, d’échecs et d’injustices répétés... Ces expériences amènent l’exaspération. La colère, proche du désespoir, éclate parfois face à une situation ou dans une relation qui n’en est pas directement la cause. Les personnes pauvres sont conscientes que la violence mène à une impasse et elles aspirent au dialogue : « La directrice ne veut plus me voir », regrette une maman qui s’était mise en colère à l’école.

Soumises à l’insécurité, les personnes très pauvres sont souvent victimes de violence, physique et matérielle, mais aussi psychologique et sociale. Comment ces personnes sont-elles reçues dans les différentes institutions qui souvent représentent, pour elles, le dernier espoir d’obtenir un droit ? Comment sont traités partout les plus vulnérables, ceux qui ont du mal à se défendre et sont seuls pour le faire ? Ceux qui se trouvent dans un état de dépendance, livrés au pouvoir et au bon vouloir des autres ? Ainsi par exemple, des personnes sans-abri dépendent parfois d’un tirage au sort favorable devant un centre d’hébergement pour pouvoir en franchir la porte ; une maman, acculée à demander une aide alimentaire, ne reçoit au fil des semaines que du riz en vrac... que personne n’aime dans la famille...

Développer la solidarité, c’est refuser la violence et la misère, c’est bâtir la paix.
C’est à cela que nous engage la déclaration de solidarité.

Dominique Visée-Leporcq