Quelques réflexions en vue des élections du 10 juin prochain

Extrait du Journal "Partenaire" n° 52

Article posté le 1er juin 2007 Print Friendly

Les premiers bruits de la campagne électorale se font entendre. Le 10 juin prochain, nous choisirons nos représentants au niveau fédéral, c’est-à-dire au niveau de l’ensemble du pays. De cette élection naîtra le prochain gouvernement.

Dans le prochain accord de gouvernement, quelle place sera donnée à la lutte contre la pauvreté ? Durant cette campagne, entendrons-nous la parole et les revendications des plus pauvres ? En tant que citoyens, nous pouvons nous faire entendre et interpeller les candidats. Nous pouvons les interroger sur leur programme et leur demander quelles sont leurs intentions en matière de lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales.

Bruxelles, Université Populaire du 20 mars 2007 dont le thème était : « Les élections »

Voici quelques pistes qui nous paraissent prioritaires  :

- Nous demandons, comme bien d’autres, que les allocations sociales soeint relevées et liées au bien-être. Le revenu d’intégration social – en particulier dans les grandes villes, où les loyers sont élevés – ne suffit pas pour vivre dignement.
- Nous voyons avec satisfaction se mettre en place le projet « Omnio », relatif aux soins de santé ; lequel accordera une couverture préférentielle en fonction des revenus de la personne et non plus en fonction du seul statut. Nous demandons que ce projet soit appliqué, évalué et corrigé si nécessaire. Plus personne ne doit rester sans soins pour des raisons financières.
- Nous demandons avec insistance que des emplois durables pour les jeunes peu qualifiés soient encouragés et soutenus. Pour ces jeunes, c’est une occasion de continuer à progresser et à s’insérer dans le monde du travail. Une politique doit être promue, qui favorise la qualité de l’emploi et le respect des travailleurs.
- Nous sommes scandalisés par les pratiques de certains CPAS qui transforment l’octroi d’un droit en un parcours d’obstacles décourageant. Nous demandons que soient pénalisés les CPAS qui n’assument pas leur rôle.
- Le logement est un bien précieux dont le coût ne cesse d’augmenter. Nous constatons que trop de familles sont contraintes de vivre dans des taudis où, même, se retrouvent à la rue. Nous demandons une politique volontariste en matière de logement (construction et de rénovation ; régulation et des loyers et aide au logement ; etc.)
- Nous demandons que les services publics soient vraiment accessibles à tous (transport, scolarité, soins de santé, etc.) Ce qui exige un financement adéquat de ces secteurs.
- Nous demandons que la Belgique garder un rôle moteur au sein de l’Union européenne pour que la lutte contre la pauvreté redevienne une priorité. L’Union européenne a un rôle à jouer et doit soutenir cette lutte dans tous les Etats membres.

Certaines de ces revendications rejoignent le memorandum publié par le Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale. Nous vous invitons à en prendre connaissance sur le site www.luttepauvrete.be

Si on veut mener une vraie politique visant à améliorer les conditions dans lesquelles vivent les plus pauvres, ceux-ci doivent être associés à l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation de ces politiques. C’est toute la question de la participation des plus pauvres. Cela demande de mettre en œuvre des méthodes de dialogue adéquates et de respecter un certain nombre de conditions sans lesquelles les personnes vivant dans la grande pauvreté sont exclues de toute participation. Or, depuis quelques années, nous constatons un recul en matière de participation des plus pauvres et de dialogue avec eux.

Rendre le droit au logement opposable.

Qu’est-ce que cela veut dire ?
Un droit « opposable » est un droit pour lequel on peut opposer une réclamation, c’est-à-dire porter plainte auprès d’une autorité identifiée comme responsable. Le droit au logement est un droit fondamental car indispensable à la dignité de tout être humain. Le rendre « opposable » signifie offrir des voies de recours à ceux qui n’ont pas de logement ou vivent dans un logement insalubre ou inadapté.

Qu’est-ce que cela peut changer ?

Aujourd’hui, en matière de politique de logement, il n’y a aucune obligation de résultats. A partir du moment où une personne, qui est sans logement ou vit dans un logement insalubre, a la possibilité de porter l’affaire en justice, les autorités ont une obligation de résultats. Et cela servira de pression pour mettre en œuvre une vraie politique du logement.

Est-ce réaliste ?

Oui ! Ce droit existe en Ecosse et la France travaille à un projet de loi pour le mettre en œuvre. C’est certainement un chantier important, mais un pays comme le nôtre a le devoir de l’entreprendre.

Dossier préparé par le comité de rédaction