Projet de principes directeurs sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme

En 2001, l’ex-Commission des Nations Unies sur les droits de l’homme (maintenant le Conseil des droits de l’homme) a souligné la nécessité de développer des principes pour la mise en œuvre des normes existantes des droits de l’homme dans la lutte contre l’extrême pauvreté.
Article posté le 2 mai 2012 Print Friendly

Projet de principes directeurs sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme

Un projet de principes directeurs sur l’extrême pauvreté et droits de l’homme (PPD) a été mis au point par un groupe ad hoc d’experts des droits de l’homme, et soumis au Conseil des droits de l’homme en 2006. À la demande du Conseil, le Haut Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) a sollicité des commentaires sur les PPD par les États, des institutions nationales des droits de l’homme, les organisations internationales et les organisations de la société civile, y compris les personnes vivant dans l’extrême pauvreté. Le Conseil a ensuite chargé la Rapporteuse spéciale sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme, Magdalena Sepulveda, de poursuivre le travail. En Septembre 2010, elle a présenté au Conseil le sommaire d’une nouvelle version. [1] Le Conseil a mandaté le Haut-Commissariat de procéder à une deuxième série de consultations, pour que la Rapporteuse spéciale puisse présenter une version finale des principes directeurs en septembre 2012, en vue de leur adoption par le Conseil. Le rapport du HCDH (présenté au Conseil des droits de l’homme en mars 2011) sur les résultats démontre un accord general sur les grandes lignes du texte proposé. [2]

Dans le but d’élargir le soutient des État aux PPD et d’assurer leur adoption en septembre, ATD Quart Monde et les Missions de l’Albanie, de la Belgique, du Chili, de la France, du Pérou, des Philippines et du Sénégal ont soutenu ensemble un événement parallèle durant la 19ème session du Conseil en mars 2012. Parlant devant un auditoire d’environ 80 représentants de gouvernements et d’ONG, les ambassadeurs du Brésil, de la France et de l’Uruguay ont tous mis l’accent sur le besoin urgent d’éradiquer l’extrême pauvreté par des obligations en matière de droits de l’homme tant nationales que internationales. Comme indiqué par la Rapporteuse spéciale lors de la table ronde pendant la 19e session du Conseil, "le développement de ces principes constitue un processus appartenant aux États - il a été initiée par les États, et non par mon mandat, et, à la fin, c’est aux États de les adopter. … Avant tout, il est convenu que le but principal des PPD est d’offrir une orientation pratique aux praticiens, qui sera applicable dans divers contextes à travers les pays développés et en développement. "

Elle a poursuivi en soulignant : « il est clair qu’une approche à la lutte contre l’extrême pauvreté basée sur les droits de l’homme peut nous aider, non seulement à comprendre les causes de la pauvreté, mais aussi à assurer que l’extrême pauvreté est reconnue pour ce qu’elle est réellement - une série de graves violations des droits de l’homme. Une nouvelle approche du développement et de la pauvreté - basée sur le respect et l’application des obligations et des responsabilités en matière de droits … - est la meilleure façon d’aborder la présence inacceptable de la grande pauvreté dans le monde ». [3]

Les principes directeurs sont en cours de finalisation à un moment opportun, lorsque la communauté internationale réfléchit sur les stratégies à mettre en place afin d’assurer un développement durable. Leur adoption en septembre de cette année fournira à la communauté internationale un outil concret pour intégrer les droits de l’homme dans le cadre successeur des Objectifs de Développement du Millénaire.

[3Magdalena Sepúlveda, "Action-oriented guidance for eradicating extreme poverty : the draft guiding principles," Side event HRC19, 19 March 2012.