Partenaire 101 : Se déclarer solidaire des « bons » pauvres ou de tous les pauvres ?

Partenaire n°101 - juin à août 2017

Découvrez la nouvelle édition de Partenaire, notre journal trimestriel.

Article posté le 27 juillet 2017 Print Friendly

Partenaire 101 : Se déclarer solidaire des « bons » pauvres ou de tous les pauvres ?

Au sommaire

- Édito : Se déclarer solidaire des « bons » pauvres ou de tous les pauvres ?

- 1001 Histoires - " Un peu de sucre " : Découvrez un extrait du projet « 1001 Histoires » de la campagne STOP Pauvreté. Ces histoires de tous pays montrent que la misère n’est pas une fatalité.

- Agenda de la campagne STOP Pauvreté : Les événements de la campagne STOP Pauvreté continueront tout au long de l’été. En savoir plus sur eux et les événements prévus pour commémorer la 30eme Journée mondiale du refus de la misère.

- De Manille à Grimbergen : Le parcours de deux volontaires belges : Guy et Vanessa, deux volontaires permanents belges d’ATD Quart Monde, racontent l’histoire de leur engagement dans la lutte contre la grande pauvreté.

- Des demandeurs d’asile à la découverte du Quart Monde européen : Reportage sur un groupe de demandeurs d’asile du centre Croix-Rouge « le Relais du Monde », à Natoye, qui depuis 2010 participe aux Universités populaires Quart Monde.

- Le défi d’ATD Quart Monde France contre le chômage : Interview de Didier Goubert, directeur de « Travailler et Apprendre Ensemble » (entreprise solidaire d’ATD Quart Monde) sur le projet "Territoires zéro chômeur de longue durée".

 

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Partenaire N° 101

 

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Édito : Se déclarer solidaire des « bons » pauvres ou de tous les pauvres ?

Notre société se veut compétitive. Au nom de la performance, elle dresse des clôtures faites de règlements, de contrôles et de sanctions à l’encontre de ceux qui freineraient son progrès.

Pour certains, il y a les étrangers considérés comme intégrés et qui travaillent, mais il y a ceux qui bénéficient indûment du système de sécurité sociale, par exemple les familles réfugiées politiques qui depuis le mois de novembre sont privées du crédit d’impôt pour enfant à charge.

Pour certains, il y a les mendiants réellement inaptes au travail, mais il y a ceux qui ont déjà une aide, qui dérangent, et qui se montrent agressifs. Certaines villes commencent à saisir ce qu’ils collectent.

Pour certains, il y a les sans-abri que le malheur a poussés dans la rue, mais il y a ceux qui s’y complaisent. Des CPAS rechignent à leur accorder une adresse de référence. Plus est, il y a quelques semaines, une proposition de loi a été déposée au Parlement fédéral, tendant à pénaliser les squatteurs. Ainsi, d’un côté, on veut criminaliser les sans-abri qui squattent un immeuble inoccupé, et par ailleurs, on refuse d’appliquer la loi permettant la réquisition d’immeubles inoccupés.

Pour certains, il y a les vrais demandeurs d’emploi qui recherchent activement un boulot, mais il y a des fainéants qui vivent dit-on au crochet des autres. On les traque pour leur supprimer l’indemnité de chômage.

Pour certains, il y a les citoyens qui font valoir leurs droits et qui ont de quoi payer les frais, mais il y a des individus nécessiteux qui sont soupçonnés d’abuser d’un accès trop facile à la justice. Depuis l’été dernier, on leur fait payer « un ticket modérateur » pour une consultation d’avocat ou une procédure.

Pour certains, il y a les allocataires sociaux malencontreusement dans le besoin, mais il y a les tricheurs potentiels qui utilisent des adresses fictives. Depuis quelques mois, en vérifiant méthodiquement les consommations d’énergie, on les contrôle de plus en plus au détriment du respect de leur vie privée.

Avec le mouvement ATD Quart Monde, nous faisons un choix : donner priorité à ces personnes rejetées derrière la ligne rouge qui, aux yeux de la société, démarque ceux qui mériteraient l’entraide et ceux qui ne la mériteraient pas. Tout simplement parce que ces personnes sont et seront toujours des hommes et des citoyens, quels que soient leur mérite aux yeux des autres.

À quoi sert un train qui abandonne ses wagons ? Une société n’est durablement performante que si elle permet à tous de progresser, et ne laisse personne sur le quai.

Georges de Kerchove