« On veut tous un travail »

Université Populaire Quart Monde - mai 2011

Article posté le 3 juin 2011 Print Friendly

« On veut tous un travail »

Présentation du sujet

Suite à la demande de certains, et parce qu’il y avait encore beaucoup de choses à partager, nous avons décidé de continuer à approfondir ce thème du travail tous ensemble. Avec les réflexions de ces trois Universités Populaires nous pourrons faire un document qui pourrait servir d’outil lors de rencontres entre personnes réfléchissant sur cette notion de travail et essayer ainsi de faire entendre la voix des plus pauvres.

„ Tu vois mes mains ?“ Cet homme de Noisy-le-Grand, qui avance ses mains sous notre regard en 2000, est en train de nous montrer que leur peau est maintenant trop lisse et trop blanche. Et il termine notre entretien avec ses mots, que nous notons devant lui : „J’ai besoin de travailler, si t’as pas de travail, t’existes même pas, t’es rien, déjà que je suis plus rien...“ [...], le chômage et la misère semblent cacher à la vue des autres son passé de travailleur, sa compétence et jusqu’à sa volonté de „tenir“ au travail.“

Le mouvement depuis ses tous débuts réfléchit sur cette notion de travail digne et „ montre les voies empruntées par des hommes et des femmes pour relever ce défi de ce qu’on appelle communément „le travail décent“ et „l’économie solidaire“. Nous avions évoqué l’existence de TAE (Travailler et Apprendre Ensemble), entreprise solidaire basée sur l’humain.

Gérard Bureau, Revue Quart Monde, La plus grande richesse, Ed. Quart Monde, 2011. p14-15

 

Points forts

Nous nous sommes retrouvés durant trois universités populaires (février, mars et mai) pour aborder la question du chômage et du travail.

A l’université populaire du mois de mai, nous avons approfondi le sujet en réfléchissant à ce que ça nous apportait de travailler. Souvent nous avons entendu qu’un travail nous permettait de faire partie de la société, de se sentir acteur de notre vie. Nous avons aussi abordé la question du manque de travail et nous nous sommes rendus compte qu’il était important de faire la distinction entre emploi et travail : il y a du travail mais pas assez d’emplois.

La cellule de Charleroi a également proposé de nous présenter à travers des photos l’EFT les ateliers de Pontaury. Les personnes travaillant là-bas sont attentives au rythme de chacun et ils sont ensemble dans une bonne entente.

En deuxième partie de la soirée, nous avons accueilli des militants de LST ( Lutte Solidarité Travail). Didier et Luc ont affirmé que les plus pauvres sont des gens qui luttent et sont des travailleurs. Nous avons découvert ce qu’était la coopérative de LST : une entreprise dans le bâtiment où les personnes sont embauchées avec un vrai contrat, un vrai salaire. C’est une entreprise normale bâtie sur un partage des savoirs. Didier nous a donné sa définition d’un emploi convenable. „Un emploi convenable c’est un emploi qui te permet de te stabiliser toi et ta famille. Ca n’est pas que le mot salaire, c’est ce qu’on veut construire , comment cet emploi va nous permettre une promotion.“