On nous rend transparents mais nous résistons tous les jours à la misère !

Article posté le 27 octobre 2016 Print Friendly

On nous rend transparents mais nous résistons tous les jours à la misère !

Dans le cadre de la Journée mondiale du refus de la misère du 17 Octobre, les étudiants du Kap Quart, à Louvain-la-Neuve, jettent un regard sur la mobilisation et la manifestation des militants d’ATD Quart Monde et du mouvement LST (Luttes Solidarités Travail) qui ont uni leurs voix afin de rappeler au gouvernement wallon leur existence. En effet, le slogan de cette manifestation “on nous rend transparents mais nous résistons tous les jours à la misère” traduit le sentiment de n’être jamais écoutés et d’être dévalorisés au sein notre société.

D’un point de vue symbolique, il était important de témoigner au parlement. Néanmoins, certains ont été déçus. Après les témoignages, il y avait un temps d’échanges prévu pour discuter avec les responsables politiques wallons. Selon Julie, une militante d’ATD Quart Monde, ce temps a été trop vite expédié. Après cinq minutes, il a été demandé aux manifestants de quitter le parlement, limitant ainsi la possibilité d’être écouté. Cependant, d’autres se sont dit contents d’avoir eu un échange, même bref, avec des personnalités politiques et de constater que celles-ci sont des citoyens comme les autres.

Si les politiques ont bien écouté les témoignages, ils devraient comprendre que les plus pauvres ne se sentent pas soutenus par les aides sociales et ont l’impression que ces “aides” veulent, comme l’exprime une militante de LST, “t’enterrer et pas te déterrer”. Cela résume bien les ressentis des témoignages. Les aides sociales ne sont plus vues comme des aides mais comme des entités coercitives. En effet, ces services d’aide doivent connaitre tous les faits et gestes des plus pauvres, répertorier tous leurs documents concernant leurs demandes d’aide, que ce soit pour un logement, un revenu, une bourse d’étude,etc. En bref, on leur demande d’être le plus transparent possible. Dans ce cadre, comment ne pas ressentir d’injustice quand les scandales fiscaux des plus riches éclatent dans la presse dans l’opacité la plus totale ?

Le président de LST, Luc Lefèbvre, est bien conscient qu’il faudra répéter inlassablement le message passé au parlement wallon afin de se faire une place à la table des négociations. De plus, il souligne le fait que certains militants n’ont pas pu être présents à cause de convocations à divers services sociaux. Il regrette que ce genre de faits empêche les plus pauvres de se réunir afin de faire entendre leur voix. En ce qui concerne les mesures prises par le gouvernement fédéral, il les qualifie de “dramatiques”. Il est certain que quand on vit dans l’opulence, il est difficile de se mettre à la place de ceux qui galèrent à s’acheter un pain à la fin de chaque mois. Néanmoins, Luc Lefèbvre se veut positif et optimiste. Il tire son optimisme de la mobilisation des militants : tant qu’il y aura des gens qui continueront à lutter pour préserver les droits des plus démunis, la flamme de l’espoir et du combat continuera à brûler.

Arthur, Quentin et Benoît, étudiants du Kap Quart