Les droits de l’homme et la participation des personnes vivant dans l’extrême pauvreté, clés pour atteindre les OMD en 2015

Respecter les droits de l’homme et associer les personnes dans l’extrême pauvreté doivent être mis au centre des efforts entrepris pour que les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) soient atteints en 2015. Tel était le premier cadre établi par les Chefs d’État au Sommet du Millénium en 2000, réaffirmé par les leaders du monde lors de la séance de clôture de la réunion plénière de haut niveau à l’Assemblée Générale sur les objectifs du Millénaire pour le développement.
Article posté le 10 novembre 2010 Print Friendly

Les droits de l’homme et la participation des personnes vivant dans l’extrême pauvreté, clés pour atteindre les OMD en 2015

ATD Quart Monde se réjouit de l’engagement d’éradiquer l’extrême pauvreté exprimé par les leaders mondiaux au Sommet de l’ONU du 20 au 22 septembre 2010. Les étapes soulignées dans le document final « Tenir la promesse : unis pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le Développement » vont dans la bonne direction, particulièrement en reconnaissant que «  le respect, la promotion et la protection des droits de l’homme sont parties intégrantes du travail à réaliser en vue d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le Développement. »

Tant que l’expérience et la pensée de ceux qui vivent dans la misère resteront une ressource non exploitée, parvenir à une approche des OMD basée sur les droits de l’homme continuera d’être irréalisable.

L’expérience d’ATD Quart Monde découle d’une présence à long terme sur le terrain et des actions menées aux côtés des familles les plus vulnérables dans le monde entier. Ce travail a montré que même si les droits sont garantis sur le papier, ils demeurent non respectés, à moins que des mesures positives soient prises sur la base de l’expérience des personnes vivant dans l’extrême pauvreté.

L’extrême pauvreté est à la fois cause et conséquence des violations des droits de l’homme. Par exemple, assurer le droit des enfants à l’éducation primaire, but de l’OMD N°2, dépend du respect d’une pléthore d’autres droits, car ils sont, de façon inhérente, interdépendants et liés les uns aux autres.

« Parfois on doit choisir entre payer les frais des examens scolaires, une photocopie ou une autre demande de l’école au lieu des tortillas pour la journée  »
(Une mère de famille d’une communauté marginalisée de Guatemala City)

Des enfants dans l’extrême pauvreté peuvent manquer l’école primaire pour nombre de raisons liées les unes aux autres : malnutrition et problèmes généraux de santé, manque d’un logement décent et d’habits convenables, frais de scolarité, chômage des parents et nécessité de travailler pour contribuer aux ressources de la famille.

Néanmoins, les efforts pour vaincre l’extrême pauvreté sont vains quand la discrimination continue d’interdire à des personnes de prétendre à l’ensemble de leurs droits et de pouvoir en conséquence assumer de nouveau leurs responsabilités comme membres d’une famille et citoyens de la société.

« Parfois une personne exclue va vendre des marchandises au marché. Beaucoup de personnes ont plein d’argent et de bonnes positions, mais le pauvre... ils vous éjectent et ne vous laissent même pas vendre quoi que ce soit. »
(Une femme d’un quartier défavorisé de Cusco, Pérou)

ATD Quart Monde recommande d’adopter les étapes suivantes pour avancer à partir du document final de conclusion et atteindre les OMD pour 2015 :

- Aller vers la mise en œuvre d’une démarche fondée sur les droits de l’homme : ATD Quart Monde encourage les États à se référer aux Principes directeurs « Droits de l’homme et extrême pauvreté » actuellement préparés par le Conseil des Droits de l’homme en vue d’une adoption en 2012, qui sont basés sur le modèle des droits de l’homme existants et représentent une ressource, orientée vers l’action, pour atteindre les OMD. Ces Principes directeurs sont le résultat de consultations de toutes les parties prenantes, y compris celles menées à bien par ATD Quart Monde avec des personnes vivant dans l’extrême pauvreté en France, au Pérou, en Pologne, au Sénégal, en Suisse et en Thaïlande.
- Incorporer dans les propositions pour atteindre les OMD, la connaissance des personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté. Leur participation doit être acceptée comme un principe des droits d’ homme : ATD Quart Monde a planifié une évaluation de l’impact que les OMD ont eu jusqu’à présent sur ceux qui sont les plus affectés par l’extrême pauvreté. Elle s’appliquera à estimer ce qui en aura été tangible et à tirer profit de l’expertise des personnes en situation de grande pauvreté, apportant ainsi une ressource capitale pour alimenter la prochaine évaluation officielle des OMD lors de la soixante huitième Assemblée Générale en 2013.

Chaque jour des hommes, des femmes et des enfants luttent pour leur survie quotidienne, sans savoir les défis que le jour suivant apportera, autant dans les pays en développement concernés par les OMD que par le monde industrialisé qui restent très loin d’avoir atteint leurs propres objectifs pour éradiquer l’extrême pauvreté.

Nous avons la responsabilité collective comme citoyens du monde de nous efforcer de respecter, protéger et mettre en œuvre les droits de l’homme pour tous, y compris pour les personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté. Leur participation de plein droit pour apporter leur expertise et leur connaissance de l’extrême pauvreté sont essentielles pour tenir les engagements qui ont été pris.

Ainsi que le soulignait Eugen Brand, Délégué général d’ATD Quart Monde , «  les personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté doivent être considérées comme des partenaires pour relever les défis d’aujourd’hui : une croissance pour tous, un accès à un travail décent et à des services de qualités, un changement climatique atténué, une paix durable et un partage du savoir.  »

Contact et information du Mouvement international ATD Quart Monde
Centre International : +33 (1) 30 36 22 11
Délégation à l’ONU à New York : + 1 (212) 228 1339
Délégation à l’ONU à Genève : + 41 (22) 344 4115
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