Le lot des pauvres… L’espoir des pauvres….

Editorial de ’Partenaire’ n° 67, mars-avril 2010

Article posté le 7 mai 2010 Print Friendly

Le lot des pauvres… L’espoir des pauvres….

Ces dernières semaines, ici et ailleurs, on parle beaucoup d’insécurité.

A Bruxelles, des quartiers populaires, densément peuplés, sont qualifiés de zones de non droit, de zones à risque. Pourtant des centaines de familles vivent là, depuis des années.

Les conditions hivernales ont une nouvelle fois souligné combien les plus pauvres sont exposés à des conditions de vie inhumaines. Le collectif « Les Morts de la Rue » nous répète année après année que la grande pauvreté est meurtrière en toute saison. L’espérance de vie moyenne pour ces personnes n’atteint pas 50 ans.

Bien plus loin, en Haïti, un séisme a frappé dans une région très peuplée. L’activité sismique persiste et entraîne pour tous une grande inquiétude. Les dégâts sont énormes. On parle de plus de 250.000 morts. Certains profitent de la situation pour s’approprier de l’aide alimentaire et faire du trafic. En outre, certains vont essayer de profiter du chaos pour organiser des adoptions sans respecter les procédures légales.

Le mouvement, fidèle à lui-même, a envoyé une équipe pour soutenir les volontaires sur place et les familles très éprouvées, pour la plupart endeuillées.

Loin de moi l’idée de comparer l’ampleur des dégâts humains et matériels ici et ailleurs. Toutefois, on ne peut s’empêcher de penser que là et ici, ce sont les plus pauvres qui « trinquent ». Ils ont à vivre ou parfois même à tenter de survivre dans des conditions épouvantables. Des besoins essentiels ne sont pas rencontrés. L’insécurité est permanente, paralysante.

Mais on ne peut passer sous silence le courage de tous ceux qui, malgré tout, refusent cet état de fait, rassemblent autour d’eux d’autres qui partagent leur conviction : « Derrière la maison du Mouvement qui a tenu, nous sommes une centaine de personnes à passer ensemble la nuit, à nous donner réconfort, courage et sécurité. Jusqu’aujourd’hui, aucune aide n’est arrivée dans les quartiers où nous sommes. Tout manque, même l’eau et aussi les soins parce que plusieurs sont blessés » nous disait ce témoin haïtien, quinze jours après le tremblement de terre. Depuis lors, cela va mieux.

Ensemble, ils redisent tous ce refus de la misère, de l’insécurité qu’elle entraîne. Ensemble, ils crient leur espoir. Ce courage fait de dignité, de solidarité, de partage, peu en parlent. Il est là pourtant, au cœur des plus pauvres. Sachons le reconnaître.

Partageons cet espoir. C’est une voie d’avenir que nous indiquent les familles d’Haïti. Elles nous appellent à la solidarité.

Pierre Hendrick.