Le droit de vivre en famille et extrême pauvreté 

Article posté le 22 mars 2012 Print Friendly

Le droit de vivre en famille et extrême pauvreté

Le droit à la vie familiale est un droit fondamental reconnu dans les textes de lois fondateurs et internationaux comme la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Préambule et de nombreux articles de la Convention des droits de l’enfant, la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, la Constitution belge ou encore le décret de l’aide à la jeunesse du 4 mars 1991.

Nous avons recensé et rassemblé les publications belges et francophones d’ATD Quart Monde relatives à la famille que nous voulions mettre en valeur.

Pourquoi ?

Depuis plus de 10 ans, le groupe Agora travaille à la mise en œuvre du décret de l’aide à la jeunesse [1]. Son travail touche des questions très sensibles, tant pour les familles concernées vivant dans la grande pauvreté que pour les travailleurs sociaux, car le placement pour cause de pauvreté reste une réalité que l’on observe tous les jours et qui déchire le noyau familial.

Nous désirons mettre en lumière le combat mené au quotidien par les familles vivant dans la grande pauvreté. Dans leur situation, le droit de vivre en famille apparaît rarement prioritaire pour les intervenants. De nombreuses mesures vont à l’encontre de ce droit : le placement en est l’exemple le plus affligeant. Certains enfants leur sont enlevés, parfois dès la naissance et pour une longue période.

Le placement entraîne de grandes souffrances, tant pour les enfants, déracinés et se sentant abandonnés, que pour les parents, jugés incapables d’éduquer leurs enfants. Pourtant, ils déploient souvent de grands efforts, peu reconnus, pour leur assurer la meilleure vie possible, dans des conditions inhumaines.

Une loi du 20 mai 1987 instituait la déclaration d’abandon d’enfant justifiée par le « désintérêt manifeste ». Elle a été abrogée, par la loi du 7 mai 1999, notamment suite à la publication du chapitre relatif à la famille du Rapport général sur la pauvreté de 1995. Cependant, 12 ans après, nous avons été alerté par la réflexion annoncée dans le plan d’action sur la réforme de l’adoption en Fédération Wallonie-Bruxelles sur l’adoptabilité de jeunes enfants placés par l’Aide à la Jeunesse.

Nous craignons une telle réforme de l’adoption, qui concernerait les enfants placés considérés comme "abandonnés par leurs parents". Lorsqu’on sait les obstacles rencontrés par les parents vivant dans la pauvreté et les embuches mises au maintien du lien avec leurs enfants placés, on ne peut que s’inquiéter des risques d’arbitraire et de jugements négatifs. Ces personnes n’auront guère la possibilité de se défendre...

A eux seuls, ces éléments méritent que l’on mette en valeur le travail effectué depuis des années pour comprendre et faire comprendre le point de vue des plus pauvres dans le domaine de la vie familiale. Nous proposons ici une bibliographie de documents, publiés en Belgique, concernant la vie familiale et le placement d’enfants. Ces publications ont été réalisées avec ou à partir de ces familles. Vous les retrouverez sur notre site, classées en fonction de leurs sources : le Journal Partenaire, le revue Droit en Quart Monde, les analyses et études d’ATD Quart Monde Wallonie-Bruxelles ainsi que d’autres publications réalisées en collaboration.

Bonne lecture.

[1Agora est un groupe de travail organisé au sein de l’administration de l’Aide à la jeunesse, il rassemble à la fois des responsables de l’administrations, des professionnels de terrain et deux associations : Luttes Solidarités Travail et ATD Quart Monde.