Le 4 février 2009 : le Cercle Wresinski se réunit aux Beaux-Arts

Article de Partenaire n° 62, mars / avril 2009

Article posté le 29 avril 2009 Print Friendly

Le 4 février 2009 : le Cercle Wresinski se réunit aux Beaux-Arts
Pour Joseph Wresinski, la grande pauvreté constitue un déni des droits les plus fondamentaux. Les plus pauvres doivent être considérés comme les premiers acteurs de la lutte contre la pauvreté. Ils doivent être associés à la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques qui les concernent et doivent devenir la référence incontournable pour tout projet de société.

Le Cercle Joseph Wresinski rassemble des citoyens de tous les horizons qui cherchent à réfléchir à la pertinence du projet de société de Joseph Wresinski dans notre monde actuel. Il s’adresse à toutes les personnes désireuses d’approfondir leur réflexion, de partager leur regard sur les pauvres et de les confronter avec autrui.

Le partage ou, mieux, le croisement des savoirs : le Mouvement ATD Quart-Monde l’expérimente , le réfléchit et le formalise depuis de nombreuses années, témoin le numéro précédent de Partenaire.
Et le croisement de la culture ? Je dis bien le croisement culturel – et pas simplement l’accès à la culture – qui féconde l’art et libère ceux qui en sont privés.

Ce 4 février, Bernard Foccroulle, organiste, compositeur et directeur d’opéra, pose d’emblée l’enjeu d’un tel croisement : la fragilité de la personne renforce son humanité, et nous les artistes, avons pour vocation de chanter l’humanité d’un chacun ; notre mission ultime est de donner la parole à ceux qui n’en ont pas.

Dominique Rammaert, chef d’orchestre, allié du Mouvement de longue date, évoque en écho deux exemples. Il y a quelques années, entraînant dans son sillage d’autres personnes, la chorale de la Maison des Savoirs à Molenbeek-Saint-Jean assista au Théâtre Royal de la Monnaie à une représentation de Wozzeck, œuvre difficile s’il en est. Ou encore, à la même époque, combien furent inventifs et obstinés les acteurs de la pièce « Les Ambassadeurs de l’ombre », mise en scène par Lorent Wanson et jouée au Théâtre National. « Je ne voulais pas d’une culture au rabais, précise-t-il, L’art ne se consomme pas, il a ses exigences et toute personne a la capacité d’y participer. »

Françoise, choriste et militante du Mouvement, témoigne à son tour. Difficile de participer à une chorale qui met la barre haut lorsque la vie vous oblige à être à tout moment sur le qui-vive. Impossible même de répondre aux exigences de qualité qui supposent un travail de longue haleine, sans le soutien d’une équipe qui croit en vous. « Mais aujourd’hui, grâce à tout ce que nous avons fait, j’ai retrouvé de la confiance, j’ai osé frapper à la porte d’une Académie et j’ose prendre la parole. »

C’est alors que mon regard croise celui de ma voisine, artiste peintre. Pendant vingt ans, elle a participé à la saga de la Maison des Savoirs. Sa gorge est nouée, elle n’a pas les mots mais ses yeux se perlent de larmes qui en disent long. Des larmes d’espoir et de fierté avivées par un souffle de liberté.

 

Georges de Kerchove