Le 17 octobre éclaire les Droits de l’homme

Editorial de ’Partenaire’ n° 69, septembre-octobre 2010

Article posté le 4 octobre 2010 Print Friendly

Le 17 octobre éclaire les Droits de l'homme

Nous déclarons les droits humains, par conviction. D’autres, en écho, soulignent les responsabilités qui en découlent : il n’y a pas de droit sans responsabilité. Certains ajoutent même sans devoirs. Mais si la misère vous refoule systématiquement dans l’extrême urgence qui en vient à dicter tous vos choix, elle ne vous permet plus d’assumer à terme vos responsabilités. Et celui qui ne parvient plus à assumer ses devoirs ou responsabilités, serait-il alors privé d’humanité et interdit de droits ? Pourtant, les droits de tous sont mis en péril si ceux d’un seul sont bafoués.

Nous déclarons les droits humains, parce que nous affirmons la dignité inhérente à la personne humaine, qu’ils garantissent. Est-elle respectée en tant que mère, cette femme rom traquée et emprisonnée parce qu’elle mendie avec son enfant en bas âge ? Peut-il garder la tête haute, cet étranger en séjour illégal, victime d’un marchand de sommeil contre lequel il n’ose pas déposer plainte ? Se sent-il pris en considération, ce travailleur sans qualification, réduit au chômage, devenu inutile depuis de longues années, à qui on renvoie l’image d’un assisté doublé d’un tricheur potentiel ? Est-il reconnu comme homme à part entière et citoyen à part égale, ce sans-abri qui tend la main en baissant humblement le regard pour susciter la compassion ? Est-elle respectée, cette mère de famille devenue alcoolique qui crie son désespoir parce que ses deux enfants sont placés ? Est-il pris au sérieux, cet illettré qui n’ose même plus participer à une réunion, et encore moins y prendre la parole, de peur de paraître ridicule ?

La commémoration du 17 octobre nous invite à voir autrement ces hommes et ces femmes, apparemment défaits par une vie trop dure et meurtris par notre regard. Elle nous invite à en faire des hérauts - les premiers hérauts - de ce combat incessant pour la dignité humaine. Elle nous invite à nous mettre à leurs côtés, à unir nos intelligences et nos moyens pour éradiquer tout ce qui bafoue cette dignité. Et la misère rabaisse la personne qui la subit, elle viole sa dignité.

Georges de Kerchove