La Belgique présente dans le Mouvement ATD Quart Monde Canada

Intégralité de l’article écrit pour le Partenaire n° 72, mars - avril 2011

Article posté le 26 avril 2011 Print Friendly

La Belgique présente dans le Mouvement ATD Quart Monde Canada

Un peu de géographie : le Canada se situe en Amérique du Nord, au nord des Etats-Unis. C’est le deuxième pays du monde par sa superficie. Il s’étend d’est en ouest de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique d’où sa devise : D’un océan à l’autre.
Le Canada reconnaît la reine Elisabeth II comme reine du Canada, mais une constitution limite ses pouvoirs. Sa capitale est Ottawa. C’est une nation bilingue, le français et l’anglais étant les langues officielles. Le pays compte environ 34 millions de personnes, dont un certain nombre sont amérin-diennes ou inuits. Il est composé de 13 régions dont le Québec ( essentiellement francophone ) où le Mouvement a commencé.

Mission du Mouvement au Canada :
En 1982, au lancement du Mouvement au Canada, le Père Joseph lui donnait comme mission : „…apprendre comment ce pays où les initiatives de terrain abondent, répond à la pauvreté ; et aussi de recruter des volontaires pour le monde….se laisser enseigner par des personnes forgées par l’expérience de pauvreté de leurs parents ou grands–parents, ou par leur présence aux côtés des plus pauvres. En retour, le Mouvement peut apporter au Canada ce qu’il a appris dans le monde… : la misère ne se gère pas, ne s’organise pas, elle se détruit….“
C’est ainsi que les premiers volontaires ont rejoint des amis du Mouvement installés au Canada et plus particulièrement à Montréal, dont une alliée belge, Monique Morval. Actuellement, l’équipe nationale est composée de 5 volontaires ( de 4 nationalités ) dont deux belges : Bert et Marianne Luyts-de Laat ( et leurs deux filles ). 4 sont à Montréal et une à Toronto ( qui va bientôt rejoindre le Mouvement international en France ).

Toronto / Paintings against poverty / Jane & Finch - Urs Kehl

 

Solidaires des plus pauvres à travers le pays :
C’est humiliant et honteux, la pauvreté. Quand j’ai vu mon père demander à une paroisse à manger, c’est terrible.“
Quand tu demandes de l’aide et qu’un dirigeant te dit : „Ton cas doit passer devant un comité“, tu te sens comme si t’avais conté de la „bullshit“ alors que tu viens de raconter tes tripes.“
Je suis sur le bien-être social et je travaille bénévolement dans les cuisines collectives. Je fais 16 heures par semaine et plus. Malheureusement, c’est un travail qui n’est pas reconnu par le gouvernement.“
On nous traite comme des objets. On est questionné, repassé sous toutes les coutures, sans parler qu’on va même fouiller dans notre passé. Pour ne pas perdre la face, nos enfants mentent. Mais peuvent-ils faire autrement ? Le pire, c’est de voir que nos enfants ne rêvent plus et nous non plus. Un jour, je me suis dit qu’on ne peut pas vivre sans rêve. C‘est aussi important pour ma famille que quelque chose dans le frigidaire. La pauvreté, ça ne se gère pas, ça se casse et ça ne se casse pas tout seul.“
Si nous tenons debout ensemble, la misère perdra du terrain.“

Les grands axes de l‘action du Mouvement au Canada : tous s’organisent en lien avec des partenaires divers déjà engagés auprès des familles, que ce soit des associations publiques ou privées, locales, nationales ou internationales.
17 octobre : journée mondiale du refus de la misère : dans de nombreuses villes et villages du Québec, mais aussi de l’Ontario, du Nouveau-Brunwick, Colombie britannique… des événements sont organisés pour marquer cette journée ( marche silencieuse, forums, etc…) : „ Ce 17 octobre…je me suis sentie plus forte parce que j’ai vu des gens de tous les milieux qui disent NON à la pauvreté et qui se sentent responsables des autres“ Marina, Montréal. La préparation de cette journée et son déroulement mobilise de nombreux partenaires locaux, nationaux et internationaux.
L’Université populaire : 10 groupes locaux rassemblent des personnes en situation de pauvreté, sauf un composé d’alliés et volontaire ( au Québec et en Ontario ) se retrouvent pour préparer chaque UP. Parmi les thèmes travaillés : le logement, mon quartier, le savoir, l’art, l’environnement… J’ai aimé la rencontre sur le thème du travail. Cela faisait un an que je me disais que je devais chercher du travail. Comme on parlait du travail, ça m’a allumée, j’ai appelé Emploi Québec et j’ai rencontré quelqu’un. C’est comme ça que j’ai commencé à faire de la cuisine pour des jeunes sans-abri. Mais je suis maintenant en arrêt de maladie, la santé ne suit pas. Je vais continuer à participer aux rencontres l’an prochain parce qu’on apprend des choses et ça aide à s’ouvrir parce que quand on vit des choses difficiles, on se renferme… J’ai même des sujets à proposer ! Chantal.
Festival des savoirs partagés : à travers des activités comme la lecture, la peinture, la musique, le yoga, l’acrobatie, les contes etc...des bénévoles et des organismes partenaires venus de toute la région de Montréal proposent un véritable partage des savoirs. Une belle manière de se découvrir autrement ! A Toronto, une bibliothèque de rue permet la connaissance de familles et l’engagement d’organismes à leurs côtés.
Collectif pour un Québec sans pauvreté : Le mouvement ATD Quart Monde a participé activement au mouvement citoyen qui, à la fin des années 90, a milité pour une loi de lutte contre la pauvreté au Québec. Cette mobilisation a conduit l’Assemblée nationale à voter en 2002 la loi 112, visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
Aujourd’hui, ensemble avec les autres organismes membres du Collectif pour un Québec sans pauvreté, nous militons pour une meilleure application de cette loi et pour des mesures ambitieuses afin d’abolir la pauvreté.

La mission de connaissance et de partenariat se poursuit :
Afin d’aller à la rencontre de nouvelles personnes et de continuer à connaître ce que vivent les personnes en situation de pauvreté et ce que d’autres organismes entreprennent pour combattre la pauvreté au Québec et au Canada, plusieurs volontaires internationaux font du bénévolat depuis des mois et même des années dans différents organismes, aussi bien à Montréal qu’à Toronto.
Par ailleurs,à Toronto, un volontaire passionné par la création artistique, la peinture, rencontre des gens dans les quartiers qu’il dessine et peint, été comme hiver. De nombreux contacts se créent autour de son chevalet : il rassemble et consigne des éléments de connaissance qui aident à comprendre la vie et les efforts de ceux qui luttent contre la pauvreté.