Fortifier le courant du refus de la misère

Editorial de Partenaire, n° 50, novembre / décembre 2006

Article posté le 1er décembre 2006 Print Friendly

« Que des personnes meurent aujourd’hui dans la rue à cause de la misère, c’est inacceptable. Il faut le dire partout ». En préparant le 17 octobre, c’est sur ce point qu’insistaient Françoise et Piet, deux militants Quart Monde. Ils s’efforcent d’être proches des sans-abri parce qu’ils ont eux-mêmes connu cette réalité.

Ils refusent cette misère parce qu’elle détruit l’homme. Ils la refusent concrètement en agissant et en s’engageant malgré une vie quotidienne qui reste très difficile pour eux. C’est la même volonté qui anime des hommes et des femmes à Port-au-Prince. Malgré des conditions de vie extrêmement précaires et les graves difficultés que connaît leur pays aujourd’hui, ils continuent de se rassembler et de se soutenir mutuellement.

Que ce soit en Belgique ou ailleurs dans le monde, dans de nombreux endroits, la pauvreté s’aggrave et les inégalités se creusent. Ce que vivent et pensent les plus pauvres est de moins en moins pris en compte. Au sein de l’Union européenne, on met l’accent essentiellement sur la croissance et l’emploi comme si cela permettait l’éradication de la grande pauvreté. On sait pourtant que ce n’est pas le cas. Partout on constate la multiplication d’emplois précaires qui ne permettent pas à ceux qui les exercent de sortir de la pauvreté.

Il y a cinquante ans - en juillet 1956 - Joseph Wrésinski arrivait au Camp des sans-logis de Noisy-le-Grand. De cette rencontre allait naître le mouvement ATD Quart Monde. Il y a bientôt 20 ans - le 17 octobre 1987 - était inaugurée à Paris la Dalle à l’honneur des victimes de la misère. De ces événements, nous ne voulons pas célébrer l’anniversaire en nous tournant vers le passé. Le regard tourné vers l’avenir, nous nous mobilisons pour faire connaître et fortifier ce courant de refus de la misère dont les plus pauvres sont les premiers acteurs. Un des moyens de cette mobilisation est la déclaration de solidarité que vous pouvez signer en ligne.

Battons-nous pour que soient reconnus les efforts que font chaque jour les plus pauvres pour lutter contre la misère. Pour que leur parole soit entendue et prise en compte. Pour que l’engagement de tous ceux qui luttent contre la grande pauvreté soit pris au sérieux et serve de référence pour faire évoluer nos sociétés. Pour que soient soutenus ceux et celles qui s’engagent, parfois dans une trop grande solitude, pour lutter contre la misère.

Régis De Muylder