Expo "les gens de la rue et du voyage"

Article posté le 27 mai 2012 Print Friendly

Expo

Réaliser une exposition sous le slogan : les gens de la rue et du voyage, avec ses élèves était le pari de Jean Marc Verlinden, professeur de religion à l’ICET de Herseaux.
On peut s’interroger sur la pertinence de lier des réalités bien différentes dans une même expo...

Qu’est-ce qui peut lier des personnes vivant à la rue que l’on traite de SDF, de clochard, de paumés... et les gens du voyage ?

Qu’est-ce qui peut lier les Manouches dont on a pu découvrir la réalité du quotidien dans l’expo « Aime comme Manouche »http://www.atd-quartmonde.fr/Exposi... mais qui peu à peu ne voyagent plus beaucoup ; les forains qui se déplacent régulièrement de foires en foires ou encore les Roms trop souvent assimilés aux gens du voyage parce qu’ils sont parfois contraints d’habiter des caravanes à bout de souffle ou de mendier dans la rue alors que chez eux ils habitent des maisons en « dur ».

Si en plus on parle de la déportation des Tziganes et que l’on peut ressentir toute l’horreur de cette histoire en montant dans un wagon de la déportation reconstitué patiemment par les élèves. Si l’on peut réaliser ce que veut dire être enfermé dans une cellule de prison comme les élèves qui y ont passé deux heures et ont ensuite écrit leur ressentis... Si l’on peut imaginer la vie d’un squat en passant quelques heures dans un autre espace des 500 m2 aménagé dans les locaux de l’ICET durant ce mois de mai...

C’est beaucoup de réalités qui se succèdent en passant d’un espace à l’autre. Réalités différentes qui peu à peu cheminent dans la tête du visiteur et le lien entre toutes ces réalités devient évident.

Le visiteur découvre au fur et à mesure de cet expo l’objectif clair « lutter contre les préjugés » n’est possible qu’à travers l’engagement avec toutes ces personnes...
C’est la deuxième étape de cette expo
Et en premier lieu d’abord ceux qui résistent à un quotidien inhumain, de non droit comme ces familles Manouches qui sur des terrains sans eau courante envoient leurs enfants tous propres le jour de la rentrée, cartable au dos.
Comme ces prisonniers du camp d’Auswitch, contraints au silence, obligés de réaliser ce portail en fer forgé où l’on peut lire la traduction en allemand « le travail rend libre » et qui ont l’audace de souder à l’envers l’une des lettres, en signe d’une résistance silencieuse qui ravive l’espoir au quotidien à chaque fois qu’ils doivent passer dessous.

Parcours impressionnant qui permet de comprendre le courage des personnes contraintes à vivre dans des conditions inhumaines, de non-droit encore aujourd’hui, dans notre propre pays. Parcours qui conduit à changer de regard et invite à l’engagement.

En ce sens la démarche de Jean Marc Verlinden répond à l’appel de Joseph Wrésinski, fondateur d’ATD Quart Monde, inscrit dans le marbre sur le Trocadéro et en plusieurs endroits de notre pays : devant le parlement européen à Bruxelles, au parlement wallon à Namur, à Gand, à la Louvière...
"Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré."