Étrangers et personnes en grande pauvreté

Comment construire une solidarité collective pour le respect des droits humains ?

Nous nous sommes retrouvés le 12 mai pour une journée de réflexion entre une délégation de membres de l’Université Populaire Quart Monde et une délégation de demandeurs d’asile du Centre Croix-Rouge de Natoye.
Article posté le 12 juin 2012 Print Friendly

Étrangers et personnes en grande pauvreté

Le but était d’approfondir ce qui avait été débattu lors des Universités Populaires du mois de novembre 2011 et de janvier 2012 sur ces questions, à partir des thèmes suivants « Vivre ensemble en Europe aujourd’hui : tous ensemble, tous l’étranger de quelqu’un » et « Comment vivre ensemble lorsqu’on a des cultures différentes ?  ».

La journée était partagée en trois temps :
- voir (photolanguage, rappel des Universités Populaires),
- juger (interventions du Service de Lutte contre la pauvreté et du Ciré),
- agir (bâtir la solidarité dans le quotidien, la vie associative, la vie politique).

 

 

 

 

 

Points forts

Nous n’avons pas encore fait le compte-rendu complet, mais nous nous sentions proches les uns des autres, par exemple à travers des combats communs pour la famille, pour être reconnus (comme réfugié, comme citoyen), pour retrouver ses droits, ainsi que sur ce que l’on ressent : "Une fois qu’on quitte son pays d’origine, on n’a plus d’origine" - "on se sent étrangers, mal vus dans notre propre pays".

Pour lutter contre la pauvreté, les situations dégradantes, on devrait promouvoir le droit à la dignité. Nous sommes tous des êtres humains et nous devrions être traités comme tels. Le droit à la dignité prime tous les autres droits : logement, travail, ressources,...

"On a des droits, mais ils ne sont pas appliqués. On ne connaît pas tous les droits, comment les faire appliquer ?" - "Chez nous, les politiques maintiennent les gens dans l’ignorance. Si on veut que ça change, il faut qu’ils informent les gens correctement". La transparence, mais aussi l’information sont indispensables, au nord comme au sud.

Bien sûr, certaines choses sont liées à des situations particulières, sont spécifiques. Ainsi la réforme du droit d’asile devrait mettre en place des règles claires et éliminer tout arbitraire. De la même façon que l’arbitraire, dans le domaine de l’aide sociale, qui conditionne les droits est inacceptable.

Pour bâtir des solidarités, d’où qu’on vienne, il faut dépasser les peurs : peurs de ceux qu’on ne connaît pas, peur d’être agressé,... Lorsqu’on y arrive, on peut se parler, se comprendre, s’entraider, faire des caisses de solidarité ou soutenir une association qui vient en aide aux personnes ici ou là-bas, se mettre ensemble pour faire respecter les Droits de l’Homme pour tous...

Cette rencontre fait partie de la participation belge à l’évaluation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) faite par le Mouvement International ATD Quart Monde.

12 ans après le lancement des (OMD), le constat est que les plus vulnérables ne sont pas atteints. Pourquoi ? Qu’est-ce qui a échoué ? Qu’est-ce qui a réussi ?

ATD Quart Monde a lancé un programme pour évaluer les OMD en s’appuyant sur la résolution A/RES/66/215 des Nations Unies qui invite tous les acteurs concernés par les OMD « à favoriser la participation active de ceux vivant dans l’extrême pauvreté à la conception et à la réalisation des programmes et des politiques. » Conduite par Xavier Godinot, cette évaluation est menée entre mars 2011 et septembre 2013 dans huit pays où ATD Quart Monde est présent : Belgique, Brésil, Bolivie, Burkina Faso, Haïti, Madagascar, Maurice et Philippines. L’objectif est que les personnes vivant dans l’extrême pauvreté au nord comme au sud puissent apporter leur pensée et leur expérience à l’évaluation des OMD et proposer des avancées.