En période de crise, un geste de partenaire

Editorial du n° 61, janvier / février 2009

Article posté le 3 mars 2009 Print Friendly

En période de crise, un geste de partenaire

La crise financière frappe tous les pays et la crise économique s’invite déjà. Dans les pays pauvres, la famine fait davantage des victimes. La récession est là, disent les spécialistes, avec en perspective son cortège de faillites, de fermetures d’entreprises, et à la clé, un pouvoir d’achat encore raboté et un chômage en augmentation. Que nous réserve demain ? Les travailleurs craignent un licenciement. Ceux qui ont recouru à l’emprunt redoutent d’être tôt ou tard pris à la gorge. Les épargnants pensent à leurs économies envolées, et tous s’effrayent des nuages noirs qui assombrissent leur avenir. Comment vais-je m’en tirer, se demandent plusieurs d’entre nous.

La question est certes légitime, mais ainsi posée, ne présage-t-elle pas un mouvement de repli, comme si la crise faisait oublier qu’il n’y a d’avenir qu’ensemble ? Comme si en cas de coup dur, j’oubliais que mon voisin dépend de moi et moi de lui. Comme si, quand arrive la bourrasque, on proclame le chacun pour soi. Plus que jamais, il s’agit de se serrer les coudes, et pas seulement par compassion à l’égard de ceux qui sont déjà oubliés ou qui sont en passe de l’être. Leur expérience de personnes exposées en première ligne à la dureté de la vie et leur savoir-faire qui en découle, sont en effet indispensables, au même titre que ceux des autres plus instruits ou dont le statut social est d’emblée reconnu. Ainsi en témoigne ce groupe initié par Claude et Françoise Ferrand, qui, depuis quelques années déjà, « croise » avec acharnement le savoir des uns et des autres, et découvre de nouvelles pistes de réflexion et d’action qui bousculent les idées reçues.

Loin d’être le fruit du hasard, cette approche radicalement nouvelle s’enracine dans une conviction : tout homme, si pauvre soit-il, est frère et partenaire, ce qui fonde l’égalité d’un chacun et la liberté de tous. Et parce qu’elle est vivante, cette conviction s’approfondit et se confronte à d’autres courants de pensées. Tel fut l’enjeu du Colloque international « la démocratie à l’épreuve de l’exclusion. Quelle est l’actualité de la pensée de Joseph Wresinski », tenu à Paris en décembre dernier à l’occasion des 60 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

A vous qui partagez cette conviction et qui souhaitez la faire partager par d’autres, je suggère un premier geste citoyen simple et fort : adhérer et faire signer l’adhésion au Mouvement ATD Quart Monde.

 

Georges de Kerchove