Des nouvelles d’ATD Quart Monde en Haïti

Article de ’Partenaire’ n° 74, septembre-octobre 2011

Lors de leur passage à Bruxelles, Roseline et Régis, deux volontaires belges qui ont rejoint l’équipe d’Haïti en janvier 2011, ont donné quelques nouvelles.
Article posté le 29 septembre 2011 Print Friendly

Des nouvelles d'ATD Quart Monde en Haïti

Quelle est la situation en Haïti actuellement ?

Chacun se souvient du terrible séisme qui a frappé la capitale Port-au-Prince en janvier 2010. à cette époque, j’étais allé, durant quelques semaines, soutenir l’équipe locale. Ce séisme, particulièrement violent, a fait de nombreuses victimes (plus de 200 000) et provoqué la destruction de très nombreux bâtiments. Une épidémie de choléra a suivi et contribue encore aujourd’hui à augmenter les pertes humaines.
Par ailleurs, un président : M. Martelly a été élu, mais à ce jour, il n’y a pas encore de gouvernement effectif. Le président élu a, durant sa campagne, promis qu’il œuvrerait pour que chaque enfant haïtien ait accès à l’école et puisse apprendre à lire et à écrire. C’est une promesse qui a convaincu la population dans un pays ou l’illettrisme reste très présent.

Quels grands objectifs poursuivez-vous ?

Nous pouvons en citer quelques uns : Le Mouvement cherche à s’enraciner et à se développer en Haïti . Pour cela, il a mis en place des partenariats avec des associations ou structures locales. Par exemple, un partenariat avec un centre de santé vise à rechercher et développer un système durable de soins de santé accessibles à tous.
L’équipe s’investit depuis longtemps dans le domaine de la petite enfance et vise, avec l’aide active des parents, à stimuler les petits (0 à 3 ans), à faire la prévention santé et à promouvoir une alimentation adaptée. L’épidémie de choléra, exige beaucoup de connaissances et de savoir-faire pour éviter la contamination des jeunes enfants.

Un autre objectif est le rassemblement des jeunes de plus de 16 ans avec un programme d’alphabétisation, des ateliers d’informatique et diverses activités communautaires. Ces jeunes, peu instruits et peu qualifiés, risquent d’être recrutés par des bandes qui, au sein des quartiers, se livrent à divers méfaits et font régner un climat d’insécurité.
Un autre projet est de rassembler les familles et de susciter une prise de parole, entre autres pour contribuer à l’évaluation des OMD [1]. Cette évaluation sera élaborée par les familles notamment sur base de la question suivante : depuis l’an 2000, qu’est-ce qui a changé dans notre vie de tous les jours ? Ces changements sont-ils favorables ou défavorables à notre vie de famille ?

Malheureusement, la population s’appauvrit. Son pouvoir d’achat diminue parce que le prix des produits alimentaires a fortement augmenté. La survie alimentaire est donc un souci quotidien pour de nombreuses familles. Toutefois, il nous semble important de relever quelques points positifs : la reconstruction, même si elle est lente et peu visible, progresse. D’autre part, on constate que sur les dix dernières années, le taux de scolarisation a augmenté grâce aux efforts de tous.

Propos recueillis par Pierre Hendrick – 18 juillet 2011

Félicien, père de famille, vendeur de « mobs ».

Félicien exerce ce qu’on appelle un petit commerce. Cette activité rassemble plusieurs membres de sa famille. Ils vont couper du bois et récupérer des tissus. Du bois, ils font des manches, des tissus, ils font des torchons qui sont fermement fixés sur les manches. Ces mobs, Félicien va les vendre. Mais les clients se font rares. Il doit aller de plus en plus loin, de marché en marché, pour vendre sa production. Aujourd’hui, cette activité ne suffit plus à nourrir sa famille.

[1Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) sont huit objectifs adoptés en 2000, par 189 États, que les États membres de l’ONU ont convenu d’atteindre d’ici à 2015. La déclaration fut signée en septembre 2000. Ces huit objectifs sont : réduire l’extrême pauvreté et la faim ; assurer l’éducation primaire pour tous ; promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomie des femmes ; réduire la mortalité infantile ; améliorer la santé maternelle ; combattre le Sida, le paludisme et d’autres maladies ; assurer un environnement humain durable ; construire un partenariat mondial pour le développement.