Choisir entre la peste et le choléra

Editorial de Partenaire n°75 - novembre-décembre 2011

Voilà un titre bien bizarre pour un éditorial où il est question de présenter, c’est de saison, ses vœux de paix, de joie, de bonheur…

Ce titre m’est apparu durant le débat qui a suivi la projection du téléfilm « Joseph l’insoumis » le 18 octobre dernier sur France 3. L’animateur pose la question : « Ces enfants pauvres sont astreints à endurer aux côtés de leurs parents une misère insupportable. Ne vaut-il pas mieux les placer dans une institution où ils connaîtront des conditions de vie plus favorables ? »

Article posté le 1er décembre 2011 Print Friendly

Choisir entre la peste et le choléra

Voilà un titre bien bizarre pour un éditorial où il est question de présenter, c’est de saison, ses vœux de paix, de joie, de bonheur…

Ce titre m’est apparu durant le débat qui a suivi la projection du téléfilm « Joseph l’insoumis » le 18 octobre dernier sur France 3. L’animateur pose la question : « Ces enfants pauvres sont astreints à endurer aux côtés de leurs parents une misère insupportable. Ne vaut-il pas mieux les placer dans une institution où ils connaîtront des conditions de vie plus favorables ? »

Qui peut honnêtement répondre à cette question ? Il est vrai que la misère tue, les enfants comme les adultes. La mortalité infantile et la diminution de l’espérance de vie liées à la misère ne laissent planer aucun doute. L’Observatoire régional de la santé et du social de Bruxelles vient de confirmer tout cela dans son récent rapport.

Mais il est vrai aussi qu’une protection de l’enfance qui ignore ou feint d’ignorer les parents, et tous les liens d’amour tissés au sein de la famille, appauvrit encore un peu plus cet enfant dont la principale richesse est là : l’amour de ses parents.

Trop souvent les plus pauvres sont acculés à des « choix » impossibles : ils se voient imposer des décisions désespérantes.

Une vraie promotion familiale est possible, qui permette à la famille de reprendre force et courage. Elle peut alors de mieux en mieux assumer ses responsabilités vis-à-vis de chacun de ses membres. Déjà, certains services d’aide à la jeunesse ont compris qu’un travail efficace, à long terme, vise à renforcer la famille, à lui ouvrir des possibilités nouvelles.

Je présente, au nom de toute l’équipe du Mouvement, mes meilleurs vœux à toutes les personnes et familles. J’espère surtout que les familles dans la difficulté trouveront des alliés dans leur progression vers un mieux être, dans leur quête de dignité.

Je forme le vœu que plus jamais une famille n’ait à « choisir » entre la peste et le choléra.

Pierre Hendrick