Bâtir "l’après RIO+20" avec les plus pauvres

Article posté le 21 août 2012 Print Friendly

Bâtir

Retour sur Rio

Le Mouvement ATD Quart Monde a participé à la conférence de Rio+20. Il y a présenté des propositions [1] :

« Nous avons proposé plusieurs amendements au projet de document final de la conférence : que les personnes souffrant le plus de la dégradation de l’environnement (et en particulier les populations vivant en grande pauvreté) y soient reconnues comme ayant une expérience essentielle du développement durable ; que l’on insiste sur les moyens à mettre en œuvre pour permettre leur participation réelle aux politiques, en particulier aux suites de Rio+20 et à l’évaluation des Objectifs du Millénaire ; que les « Principes directeurs sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme » [2] soient adoptés par les Nations unies et renforcent une approche du développement durable basée sur les droits de l’homme.

Nous demandons la promotion d’une approche économique qui parte d’initiatives locales où les moyens sont utilisés pour accroître le bien-être des communautés et non pas uniquement pour faire des profits ; nous demandons la promotion du travail décent dans les stratégies de développement et la reconnaissance du droit à un environnement sain pour tous ; nous souhaitons la création d’un socle de protection sociale universelle qui inclut la santé, l’éducation et des systèmes de revenu minimum pour celles et ceux qui se retrouvent dans l’incapacité de travailler ; nous proposons que les États et les organismes mesurent l’impact des effets des politiques de développement sur les populations en grande pauvreté et aient les moyens d’y faire face ; nous demandons que la production alimentaire soit préservée dans chaque pays et que les droits de l’homme soient protégés dans les accords internationaux de commerce. »

En tant que membre de Beyond 2015, une campagne de plus de 300 organisations à la fois du nord et du sud, ATD Quart Monde estime que les Objectifs du Développement Durable (SDG) doivent faire partie du processus unique et unifié pour développer un plan d’action post-2015 qui réussisse les Objectifs du Millénaire pour le Développement [3] en incluant la participation des personnes et groupes les plus pauvres.

Non seulement il faut lier les trois piliers du Développement durable (économique, social, environnemental) à la participation des plus pauvres, mais il faut aussi inscrire l’ensemble dans la mise en oeuvre globale des Droits de l’Homme.

Bâtir l’avenir avec tous

Près de 25 adolescents et jeunes adultes de Belgique et des Pays-Bas ont travaillé six jours ensemble en juillet sur "La pauvreté, l’écologie et la durabilité" au centre communautaire ’t Zwervel d’ATD Quart Monde à Wijhe (Pays-Bas). Ils ont contribué entre autres choses à la construction d’une Maison en Terre écologique (également appelé « Earthships") dans l’Olst voisin. Que des personnes qui vivent des difficultés abordent de tels sujets n’est pas toujours facile : "On parle d’écologie. Mais quand on n’a pas de travail, comment être actif là-dedans ?" Mais le projet a également permis des débats entre les participants. Toutes les activités et les dialogues en français et néerlandais se sont bien déroulées grâce à la présence continue de bons interprètes. Un jeu a permis d’apprendre les langues les uns des autres. Car en six jours, il a été clair que la durabilité n’est pas seulement une question de moins de déchets et de produits locaux et biologiques, mais surtout une question de bonnes relations. « La durabilité est là quand les gens ont le respect d’eux-mêmes leur prochain et de la nature, et ainsi de suite pour construire un avenir ensemble." Ce fut une conclusion commune dans l’un des débats. Le fait d’avoir vécu ce temps dans l’amitié, d’avoir pu parler chacun avec les autres fait que les participants désirent continuer à construire "le monde dont nous rêvons".

Ce 14 septembre 2012, des membres d’ATD Quart Monde Belgique participeront à la Journée de réflexion "Qu’est-ce qu’un développement durable pour tous ?" qui se tiendra à Pierrelaye (France)

Poursuivre la réflexion avec d’autres.

En 2011, le 17 octobre à Namur, au Parlement Wallon, un dialogue a eu lieu entre associations et personnes vivant la grande pauvreté autour de l’alimentation [4]. L’objectif était que les réflexions dans ce domaine s’ancrent également dans la résistance à la misère vécue par les plus pauvres.

Ce 17 octobre 2012, nous voulons poursuivre dans la même ligne, autour de l’habitat durable. Pour le faire, nous voulons partir de l’expérience vécue des plus pauvres pour entrer en dialogue avec des associations qui réfléchissent depuis des années sur des formes durables, écologiques et sociales de l’habitat. Notre objectif est que ces associations se laissent "inspirer" par la pensée des plus pauvres, voire que le refu de la misère devienne une priorité de leurs combats.

Du 20 au 22 janvier 2013, le Mouvement ATD Quart Monde organise un séminaire européen [5] : "Pour un développement durable qui n’oublie personne". Une centaine de participants : des personnes vivant la grande pauvreté dans plusieurs pays, des membres d’ONG ou d’organisations nationales et des membres d’institutions européennes dialogueront sur les orientations concrètes que doit prendre un développement durable qui non seulement ne renforce pas l’exclusion sociale mais au contraire prenne sérieusement en compte les apports de ceux qui vivent l’extrême pauvreté.

[2Ces principes seront soumis au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies en septembre 2012. Ils reposent sur trois principes : indivisibilité des Droits de l’Homme, participation des personnes vivant dans l’extrême pauvreté et non-discrimination. Voir http://www.atd-quartmonde.org/-Principes-Directeurs-Extreme-.html

[5Sur invitation, en anglais, français, espagnol et polonais. Pour plus d’informations contacter le secrétariat