Au 12 novembre 2007, la Déclaration de Solidarité a été signée par 158.424 personnes de 152 pays... et par 20.082 Belges.

Extrait du journal "Partenaire" n° 55

Depuis des mois, beaucoup d’entre vous se sont mobilisés pour collecter des signatures. Voici la réaction d’une personne qui a participé à l’enregistrement de ces signatures.
Article posté le 19 décembre 2007 Print Friendly

J’ai été impressionnée par les commentaires accompagnant les signatures que j’ai enregistrées.

Beaucoup d’entre vous sont frappés par une misère qu’ils découvrent, parfois si proche d’eux, plus importante qu’auparavant et plus visible. Vous êtes sensibles à la fois au fossé qui semble se creuser toujours davantage entre riches et pauvres, et en même temps à des situations extrêmes qui peuvent se côtoyer, tout en s’ignorant.

La misère est visible, même dans notre pays, et c’est parfois un choc. Vous la rencontrez de plus en plus sur vos lieux de travail, autour de vous, dans vos quartiers, aussi bien en ville qu’en milieu rural. « Devant mon domicile, chaque semaine un homme ramasse le pain sec qui a été jeté pour les pigeons... » Bernadette B.

Vous êtes nombreux à dire que cette misère est intolérable et que cela concerne notre avenir à tous. Non seulement intolérable, mais aussi contraire à la dignité humaine. « Parce que devenir indifférent à la souffrance des autres c’est perdre son humanité » Rachel D.

Pour certains, signer cette déclaration c’est dire son accord avec les principes énoncés. «  Je suis persuadée que le sentiment d’être respecté et reconnu, peu importe son histoire, son niveau de vie, sa formation intellectuelle, ses différences, donne des ailes pour respecter et reconnaître les autres et ainsi bâtir la paix. » Bénédicte H.

Cela vient renforcer des engagements personnels : « De par ma profession, je côtoie la misère quotidiennement... Malgré les années, les inégalités sociales sont toujours pour moi un combat qui me motive chaque jour un peu plus dans ma vie professionnelle mais aussi familiale et sociale ; chaque être humain doit être respecté dans ses valeurs propres, c’est ce que j’essaie d’inculquer à mes enfants... » Nathalie H.

C’est un devoir pour d’autres : « Même si on peut s’interroger sur l’impact de cette campagne et de cette déclaration, il est de notre devoir de la signer. » Bernard L.

Cela permet aussi de trouver une manière de réagir collectivement quand on se sent impuissant tout seul. « Nous vivons dans un monde de plus en plus fou. En tant que jeune, il est souvent difficile de se sentir compétent ou utile face à toutes les sortes de misères que l’on rencontre chaque jour. Il me paraît essentiel de poser de petites actions comme celles-ci, pour arriver, plus tard, à créer de grandes choses... » Anne P.

Si certains pensent que les gouvernements, les politiques, les ONG doivent agir, vous soulignez l’importance de l’engagement personnel. Vous rappelez la force de se mettre ensemble, quelles que soient les origines, les générations en s’appuyant sur les personnes ayant vécu elles-mêmes des situations difficiles. «  Nous sommes ou avons été exclus d’un logement décent ; dans la société, nous avons été poussés vers la sortie. Ce qui nous a aidés à relever la tête, et à retrouver notre dignité, c’est la solidarité. C’est la lutte en solidarité avec d’autres qui nous fait retrouver notre dignité. » Front commun SDF

Et pour conclure, ce commentaire de Benoît : "Je suis persuadé que la société civile a son rôle à jouer dans notre démocratie. Chacun de nous doit oeuvrer pour un monde meilleur.
Ceci me rappelle l’histoire du colibri :
« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit « Colibri ! Tu n’es pas fou ! Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ?! » Le colibri lui répondit alors : « Je le sais, mais je fais ma part »
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Bernadette Pinet

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