Appel de jeunes européens

Article posté le 17 octobre 2010 Print Friendly
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Appel de jeunes européens

Cette appel vous parle ? Découvrez le groupe jeunes d’ATD Quart Monde Jeunesse Wallonie Bruxelles

Nous jeunes de quartiers abandonnés, jeunes de beaux quartiers,
Nous jeunes sans papiers, jeunes déracinés, jeunes chargés de famille
Nous jeunes chômeurs, jeunes sans emploi, sans formation,
jeunes étudiants et jeunes travailleurs.
Nous jeunes révoltés et solidaires refusant l’exclusion,

NOUS PRÉTENDONS À UN AVENIR.

 

À ce monde qui exclut, qui brise certains d’entre nous,
À ce monde gouverné par l’argent,
nous voulons dire notre dégoût, notre colère, notre rage.

« Ce qu’il y a de plus dur, c’est de se savoir compté pour rien, notre vie n’a de valeur pour personne. C’est ça qu’il y a de plus dur. »

NOUS AVONS DU MAL À COMPRENDRE CE MONDE MAIS NOUS VOULONS Y TROUVER NOTRE PLACE.

 

Pour avoir notre place, nous avons besoin de structures, de lieux, de personnes qui nous font grandir. L’ÉCOLE doit être un de ces lieux.
Nous ne pouvons plus accepter une école qui accentue les différences et brise certains d’entre nous.

« L’école si on ne s’y adapte pas, on est exclu... Les jeunes qui font le bordel,
il faudrait les écouter, prendre le temps de les connaître, ne pas les mépriser.
 »
« Si tu as des soucis dans ta vie, tu ne peux pas bien apprendre, tu n’es pas concentré pareil »

Nous voulons une école qui prenne en compte la réalité de nos vies,
nous voulons une école qui nous ouvre sur le monde.
Cette école, nous devons la penser ensemble.

NOUS AVONS DU MAL À COMPRENDRE CE MONDE MAIS NOUS VOULONS Y TROUVER NOTRE PLACE.

 

Nous sommes souvent orientés vers des FORMATIONS qui ne nous correspondent pas et nous mettent en échec. Nous pouvons avoir des conditions et parcours de vie qui nous empêchent de bien suivre ces formations qui devraient nous faire entrer dans le monde du travail.

« On m’a imposé une formation de vente que je n’avais pas demandée car il n’y avait plus de place dans ce que je voulais, du coup j’ai glandé. »

« Quand on n’a pas d’adresse fixe on ne peut pas avoir d’emploi et sans emploi, on n’a pas de logement. »

« On nous demande toujours de l’expérience, alors quand t’as pas de diplômes, que t’as jamais travaillé tu n’as aucune chance.  »

Comment avoir un vrai TRAVAIL quand on vient de sortir du système scolaire ?
Comment avoir un vrai travail quand on n’a pas de formation adaptée ?
Nous voulons être intégrés et reconnus dans le monde du travail.

NOUS AVONS DU MAL À COMPRENDRE CE MONDE MAIS NOUS VOULONS Y TROUVER NOTRE PLACE.

 

Nous vivons pour certains l’intolérable, l’insupportable.
D’autres ont la vie plus facile.
Ensemble, nous ne pouvons plus accepter les DISCRIMINATIONS .
Si appartenir à une communauté ou habiter tel quartier nous stigmatise et nous isole de la société, alors cette société là on n’en veut plus.

« J’ai plein de potes qui ne veulent plus voter et même si moi je vais voter pour faire mon devoir de citoyen, je le fais sans y croire. »

« On a une haine envers ceux qui nous font péter les plombs. Ça pourrait se passer autrement. »

NOUS AVONS DU MAL À COMPRENDRE CE MONDE MAIS NOUS VOULONS Y TROUVER NOTRE PLACE.

 

Nous ne pouvons pas laisser l’ INJUSTICE et la MISÈRE s’imposer comme puissances.
Nous ne sommes pas des feignants, des délinquants, des asociaux.
Par nos actes de résistance et de solidarité, nous luttons au quotidien contre les injustices.
Notre vie même témoigne de ce combat.

« Quand mes amis ont besoin de manger et que même ça, ils ne le peuvent pas, je les dépanne  »

« Je veux être travailleuse sociale pour travailler avec des enfants qui comme moi ont eu la vie difficile. Moi, je sais ce qu’ils endurent, je suis passée par là. »

« Un jeune du quartier s’est mis régulièrement à nettoyer les espaces verts ; les autres l’ont vu et l’ont rejoint. »

Nous cherchons notre place dans ce monde.

Nous savons que nous devons nous mettre AVEC D’AUTRES .
Nous venons de milieux différents, mais nous voulons vivre ensemble dans nos villes et nos quartiers.
Nous avons la certitude que c’est en dépassant nos préjugés et nos craintes, que nous obtiendrons un vrai changement.
Pour nous comprendre, nous avons osé nous parler.
Ce message est le fruit de rencontres où chacun a pu se sentir écouté et respecté.

NOUS TOUS,
DE TOUTE L’EUROPE ET DE TOUT ÂGE,
QUI RÊVONS D’UN MONDE JUSTE,
METTONS-NOUS ENSEMBLE POUR LE RENDRE POSSIBLE

 

17 octobre 2010