Ambitieux dans la lutte contre la pauvreté

Editorial de Partenaire n° 52, mars / avril 2007

Article posté le 30 mai 2007 Print Friendly

"Le CPAS nous a bien soutenus..." Ce sont les propos de René, jeune père de famille. Depuis des années, la famille vit dans des conditions extrêmement difficiles, encore aggravées par la perte de leur logement devenu tout-à-fait insalubre. Pendant les périodes de "galère", la famille a pu compter sur le soutien du CPAS.

Le fondement de la loi sur les CPAS - dont on a fêté les 30 ans, le 1er mars - est de garantir que toute personne puisse vivre dans des conditions conformes à la dignité humaine. Qu’en est-il trente ans après ? Nous devons bien constater que la situation dans laquelle vivent les plus pauvres ne cesse de se dégrader. Les demandes adressées aux CPAS ont augmenté significativement au cours de ces dernières années. Chacun admet que le montant actuel du RIS (revenu d’intégration sociale) ne permet pas de vivre dans la dignité. Les personnes sont alors enfermées dans la spirale de l’endettement et de la dépendance. Quand elles essaient de se débrouiller, elles sont suspectées, menacées de sanctions qui ont des conséquences très graves sur la vie quotidienne.

Tout cela n’est-il pas le reflet d’une politique qui, en matière de pauvreté, manque d’ambition ? Nous ne pouvons qu’appuyer une présidence de CPAS lorsqu’elle affirme : "Les CPAS les plus respectueux des personnes ne peuvent seuls, sans changements politiques majeurs à d’autres niveaux de compétence, assurer l’émancipation de leur public." [1]

C’est maintenant, à l’approche des élections du 10 juin, que nous pouvons interpeller nos mandataires politiques et les candidats. La lutte contre la pauvreté doit être au coeur de la campagne. En cette matière, nous ne pouvons nous contenter de petites mesures. Il faut une politique ambitieuse, globale à laquelle, seul, le gouvernement fédéral peut donner l’impulsion.

Régis De Muylder

Voir aussi Quelques réflexions en vue des élections du 10 juin prochain

[1Anne Berscovici. Carte blanche dans Le Soir du 28 février 2007 "Les 30 ans des CPAS : assez d’hypocrisie ! "