17 octobre 2011 : dialoguer pour bâtir ensemble un développement où ceux qui ont connu la misère soient acteurs.

Chaque année, Luttes Solidarités Travail et ATD Quart Monde organisent à Namur un rassemblement le 17 octobre, lors de la « Journée internationale du refus de la misère ».

Cette année, sous la houlette d’Associations 21, le lien a été fait avec la « Journée mondiale de l’alimentation » du 16 octobre, lors d’une rencontre associative au Parlement Wallon.

Article posté le 19 octobre 2011 Print Friendly

17 octobre 2011 : dialoguer pour bâtir ensemble un développement où ceux qui ont connu la misère soient acteurs.

Une réflexion commune

Une première partie faisait se rencontrer des représentants du monde associatif, membres d’Associations 21 (Oxfam Solidarité, FUGEA, CRIOC, Conseil de la Jeunesse, Inter-Environnement, le Monde selon les Femmes,...) et des militants - nombreux - d’ATD Quart Monde et de LST (Luttes Solidarités Travail) de Charleroi, Namur, Andenne, Marche, Ciney,...

La rencontre a commencé par un état des lieux des échéances politiques en matière de développement durable aux différents niveaux de pouvoir : Région Wallonne, Belgique fédérale et communauté internationale (perspective de Rio+20 et évaluation des Objectifs du Millénaire). Ensuite, les participants se sont répartis en ateliers pour croiser leurs points de vue et expériences sur les questions de pauvreté, d’alimentation et d’agriculture, au Nord comme au Sud de la planète.

L’enjeu le plus fort était que des personnes qui vivent et portent des réalités différentes non seulement se parlent, mais arrivent à des accords et, au-delà à une action commune.

Parmi les points forts de cette matinée, le fait que chacun ait le droit et les possibilités d’être acteur de son propre développement et de celui de la société, que chacun ait un revenu décent, qu’il s’agisse des agriculteurs mais aussi des personnes et familles vivant dans la grande pauvreté.

Par exemple, les représentants des paysans pointent l’importance de revenus équitables pour les agriculteurs. Du côté des consommateurs, on partage cette préoccupation, en pointant le problème des intermédiaires. Des allocataires sociaux voudraient pouvoir eux aussi "manger bio", cultiver un potager, avoir des panneaux solaires mais les banques alimentaires, l’isolement de certains logements ou les règlements des logements sociaux ne le permettent pas.

D’autres points ont ausi été abordés, comme les conditions de plus en plus dures mises pour obtenir ses droits, surtout quand on est pauvre, le fait d’être placé dans la dépendance lorsqu’on a recours aux banques alimentaires ou aux distributions de nourriture ici comme dans les pays du sud, et donc les questions de souverainté alimentaire, celles de l’accaparement des terres et de l’eau, de la mainmise financière sur l’alimentation,...

Tous les groupes émettent le souhait qu’une telle rencontre se poursuive et permette d’approfondir et les réflexions et les pistes d’action. Le dialogue social, entre associations et citoyens prend du temps : celui de se connaître, de se comprendre, d’appréhender les points de vues des uns et des autres, pour parvenir enfin à construire des revendications communes.
Au-delà de ces quelques échos forcément partiels, un compte-rendu détaillé des différents ateliers sera réalisé et communiqué aux participants.

Commémoration des victimes de la misère

En début d’après-midi, les militants des associations et les parlementaires présents se sont rassemblés devant la dalle commémorant les victimes de la misère pour une prise de parole partagée. D’autres personnes et associations, comme Le Pivot (Bruxelles), ou des militants de Sambreville se sont joints au groupe.

Luc Lefèbvre de LST, Brigitte Gloire d’Oxfam Solidarité et Gwenaëlle Martin de la FUGEA ont rendu compte des résultats des débats du matin et surtout des espoirs communs d’un avenir sans pauvreté, où chacun puisse vivre et contribuer par son travail, son activité à la société.

Ensuite un témoignage à trois voix a dit le combat quotidien d’une famille depuis plus de deux ans pour ne pas se retrouver à la rue et le courage de sans cesse résister malgré les "solutions" imposées... Une militante de l’asbl "Le Pivot" a dit aussi avec une très grande dignité toute sa résistance à la misère.

Emily Hoyos, présidente du Parlement Wallon, a relevé l’importance pour les parlementaires - plusieurs étaient présents - d’être confrontés régulièrement à de tels témoignages pour rester connectés aux réalités de celles et ceux qu’elles et ils représentent au niveau politique. Elle a aussi annoncé l’accord de la Conférence des présidents de Commission du Parlement pour qu’un dialogue se poursuive directement avec des parlementaires.

 

 

 

 

Production : Canal C Télévision, JT du lundi 17/10/2011
http://www.canalc.be/content/view/9109/560/

Pour aller plus loin

Conditionnalité des droits & lutte contre la pauvreté :

Conditionnalité des droits, Travail collectif - Associations partenaires du Rapport général sur la pauvreté (2010)
« Principes directeurs sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme » : un long travail auprès de la Commission des Droits de l’Homme à Genève et à l’ONU à New-York.
ATD Quart Monde, les principes directeurs et les droits de l’homme.

Souveraineté alimentaire :

Pour un système alimentaire durable : ’Position paper’ Alimentation-agriculture d’Associations 21
Déclaration du Forum Nyeleni Europe 2011 sur la souveraineté alimentaire

Développement durable, rôle de la société civile internationale :

Nouvelle gouvernance mondiale : Rendons-nous ensemble responsables dans la lutte contre la misère, ATD Quart Monde
Extrême pauvreté et gouvernance mondiale, ATD Quart Monde
Développement durable : 25 ans après. Le point sur les échéances politiques à l’horizon 2012, Associations 21